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Si vous feignez de perdre connaissance, à chaque mois, en regardant votre facture de services de Bell, rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls.

Pour un service qui comprend la télé de base, l’internet 50 Mo/s, le téléphone résidentiel et un forfait cellulaire qui, en tout, coûte 230$, c’est un peu la moyenne, pour des millions de Québécois.

Annuellement, c’est 2,760$ que Bell vient chercher dans vos poches.

Environ 3 voyages, d’une semaine chacun, dans le Sud, par année. Ça fait réfléchir.

Imaginez comment Bell s’en met plein les poches, sur votre dos, alors que Netflix coûte 10$ par mois et que les téléphones Ooma coûtent moins de 5$ par mois, taxes comprises!

Ainsi, vous avez compris que Bell facture au maximum parce qu’il n’a pas assez de concurrence. Vidéotron? Rogers? Shaw? Bien plus un gros oligopole que de la compétition. Par un hasard épique, ils arrivent presque tous au même prix, pour des services comparables. Comme quoi le consommateur peut aller ailleurs mais il n’épargnera pas.

La lune de miel

Il y a bien les fameux « 6 mois de prix promotionnels » chez tous les fournisseurs qui donne un petit répit aux consommateurs mais après ces 6 mois, c’est le retour automatique vers les « prix réguliers » et là, ces fournisseurs vous tondent, à satiété.

On comprend pourquoi plus personne n’accorde de crédibilité à leurs publicités, tout le monde a compris l’arnaque. Déjà que les prix réguliers de ces fournisseurs soient excessifs, de se faire dire qu’on va avoir un petit rabais pendant 6 mois parce qu’on annule tous nos services avec le concurrent pour tout reprendre avec un nouveau fournisseur, on se demande si toute cette énergie perdue en vaut vraiment la peine.

Ça explique pourquoi tant de monde reste « pris » avec leur grosse facture de Bell plutôt que d’aller vers la « concurrence ». En fin de compte, trop souvent, ça n’en vaut juste pas la peine.

Le faire, pour vrai

Alors vous vous dites qu’assez c’est assez et que vous allez canceller des services qui font exploser votre facture mensuelle de Bell. Vous êtes un guerrier et vous allez gagner. Du moins, c’est ce que vous vous dites jusqu’à ce que vous appeliez le 310-BELL et là commence votre calvaire.

Ça commence avec les « menus téléphoniques » où les options pour « ajouter des services » sont évidents mais ceux pour « annuler des services » sont nommés bien plus tard et attention, si vous optez pour ces options, attendez-vous à d’autres menus qui finiront peut-être par décourager un certain pourcentage d’appelants… mais pas vous! Rappelez-vous, vous êtes un guerrier!

Après 10 minutes d’attente dans l’option pour annuler un service de Bell, vous finissez par parler à un « agent » qui, inévitablement, vous dira qu’il vous entend mal. On s’entend, c’est pour mieux vous déstabiliser (à moins qu’il n’y ait un authentique problème avec votre téléphone mais normalement, vous le savez bien avant d’appeler chez Bell). Enfin bref, vous aurez beau demander toute ce que vous voulez, ils ne voudront rien changer à votre forfait tant que vous n’aurez pas parlé avec leur département de fidélisation.

Oui un département où on vous aime tellement qu’on vous forcera à tout répéter ce que vous venez de dire parce que l’agent à qui vous venez de tout expliquer n’a rien noté au dossier. Juste là, on comprend pourquoi les clients de Bell détestent autant ce fournisseur qui complique la vie de ses clients qui voudraient annuler des services. On comprend qu’ils ne soient pas intéressés à perdre de l’argent mais faire perdre le temps de leurs clients, ça, ça ne les embête pas du tout.

Alors voilà, à la fidélisation, ils vous offriront des « promotions » où vous épargnerez 3$ par mois sur une facture de 75$ de cellulaire en vous disant que c’est une « chance » que vous ayez appelé pendant la « promotion ». Oui, vous vous ferez offrir des 3$ de rabais alors que votre souhait, c’est de baisser votre facture mensuelle de manière significative, pas des petits dollars, ça et là.

Mais bon, si jamais vous tenez bon et que vous demandez l’annulation d’un service, là, l’agent vous fera remarquer que la structure actuelle de vos forfaits retournera vers un « prix non-forfaitaire » qui annule l’intérêt d’annuler ce service Bell.

Oui, bête de même.

Du genre, en annulant votre forfait télé de 34,95$ par mois, votre forfait internet à 58,95$ montera à 75,95$. Alors là, vous vous dites que c’est bête de perdre la télé si c’est pour en revenir à payer près du même prix car l’internet coûte soudainement bien plus cher, pour la même affaire!

Alors vous vous faites proposer de vous faire couper l’internet à 25 Mo/s à 59,95$ au lieu de 50 Mo/s à 75,95$ et vous savez que si vous écoutez Netflix, cette différence sera malheureusement ressentie. À 15$ de différence entre les 2 forfaits internet, pas question de baisser à 25 Mo/s. Mais vous voulez quand même épargner…

Alors vous essayez de voir s’il ne serait pas possible d’épargner sur la ligne résidentielle à 50$ par mois mais là aussi, en l’annulant, vous perdez votre structure de forfaits et le seul service dont vous avez réellement besoin, l’internet, revient toujours plus cher. De quoi rager!

Et pire encore, il y a des limitations aux promotions selon les services que vous prenez. Vous ne pouvez donc pas vous fier à « 3 services donnent accès à tel rabais » parce que parmi les services, il faut, par exemple, avoir la télé (pour un rabais sur l’internet).

Le tout pour le tout

Au final, Bell a tellement bien ficelé son attrape-clients que la seule vraie solution pour vous sortir de ses griffes, c’est de tout annuler et aller ailleurs.

Ce ne sera pas mieux ailleurs. Mais au moins, vous ne serez plus avec Bell.

La bonne nouvelle, c’est qu’après avoir quitté Bell, vous n’aurez plus leurs factures mensuelles. Vous n’aurez plus leurs services, non-plus mais vous constaterez qu’il est possible de vivre sans Bell et que ça vous fait épargner des montagnes d’argent, annuellement.

Vous aurez probablement de la difficulté à quitter Bell mais une fois que vous aurez recommencé à vivre, avec 230$ ou plus dans vos poches, à chaque mois, vous verrez que la vie est « Bell » quand ils ne sont plus dans vos poches.

Message au CRTC: la concurrence à Bell n’existe pas, il n’y a qu’une apparence de concurrence mais au final, le client se fait voler autant chez un fournisseur que chez l’autre et ça, ce n’est absolument pas de la concurrence, c’est un écosystème oligopolistique où les loups se partagent les moutons.

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