Select Page

 

Depuis 2006, année de l’accession au pouvoir du Parti conservateur de Stephen Harper, il n’y avaitt eu qu’un seul ministre des Finances, à savoir Jim Flaherty.

Après 8 ans de service, on peut parler de l’ère Flaherty.

Sa démission a été remise hier, le mardi 18 mars 2014, à Stephen Harper et Flaherty a aussi annoncé son retour au privé. En plus de sa pension à vie du fédéral, il aura assurément un très lucratif emploi pour de nombreuses années. Son carnet de contacts vaut de l’or!

En tant que contribuables, nous connaissons les influences de Jim Flaherty, comme le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) qui a permis aux plus riches de placer 5,000$ par personne, par année, à l’abri du fisc. Les plus pauvres aussi aiment l’idée de la mesure mais elle reste financièrement inaccessible, d’où leur frustration. En mars 2014, on est rendus à 31,500$ qu’on peut y placer (de manière cumulative) et ça fructifie complètement à l’abri de l’impôt. Ce serait génial si tout le monde avait les moyens d’y placer une partie de ses avoirs.

Il y a aussi la taxe sur les produits et services (TPS) à 5% qui a favorisé la consommation, d’un bout à l’autre du pays. En évitant d’être trop gourmand avec cette taxe, Jim Flaherty a gagné en popularité, auprès de l’ensemble des contribuables.

Jim Flaherty avait pris sa décision plus tôt, cette année, en compagnie de sa famille. Avec les prochaines élections fédérales encore assez loin, dans l’agenda, son successeur aura le temps de s’installer confortablement dans son nouveau poste.

Justement, son successeur n’est nul autre que Joe Oliver, le ministre fédéral des Ressources naturelles. Il y est remplacé par le ministre d’État aux Sciences, Greg Rickford. Un troisième Ontarien, Ed Holder, obtient le portefeuille des Sciences. Ce jeu de chaises a eu lieu ce matin mais le premier ministre Harper n’a pas convoqué les journalistes, pour l’occasion. On peut appeler ça, un mini-remaniement, provoqué par la démission de Flaherty.

Alors, Joe Oliver… qui est-il et pourquoi obtient-il la confiance du premier-ministre pour occuper le poste de ministre des Finances?

Il est âgé de 73 ans (74, au 20 mai 2014) et habite la région de Toronto. Il aurait un parti-pris pour une commission des valeurs mobilière canadienne au lieu du modèle actuel où chaque province a l’équivalent de son Autorité des marchés financiers (ça porte un nom différent dans chaque province) et juste sur ce point, ça risque de faire des étincelles avec le Québec où existent de nombreuses particularités, comme l’existence du Mouvement Desjardins — le nouveau ministre des Finances Joe Oliver mettra-t-il ses préférences à l’avant-plan ou au contraire, tentera-t-il de se faire plus neutre, dans cet important affrontement fédéral-provincial qui se profile à l’horizon? Trop tôt pour le dire.

Natif de Montréal, il serait respecté aussi bien au Parti conservateur que sur Bay Street, où il a travaillé plusieurs années. Ainsi, son château fort, c’est le milieu de la finance, à Toronto.

Joe Oliver, diplômé des universités Harvard et McGill, a commencé sa carrière chez Merrill Lynch pour ensuite occuper divers postes de cadre supérieur dans d’autres compagnies de courtage mais il a surtout pris du galon en étant directeur exécutif de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario. C’est ce passage qui risque de causer des conflits avec l’Autorité des marchés financiers, au Québec.

À noter que Joe Oliver est un grand défenseur du projet de pipeline Keystone XL que le président américain Barrack Obama refuse, encore à ce jour et malgré l’important lobbying canadien et albertain. L’accession de Joe Oliver au statut de ministre des Finances fera-t-il changer les choses?

Aussi bien Jim Flaherty que Joe Oliver ont leurs admirateurs et leurs détracteurs. L’avenir nous dira si l’arrivée d’Oliver aux rennes des Finances sera une bonne chose, pour les Canadiens.

Pin It on Pinterest