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Pour quiconque connaît un peu l’informatique, il ne fait aucun doute que le logiciel libre fait aujourd’hui partie du paysage informatique, aussi bien au chapitre des systèmes d’exploitation, des logiciels et des scripts (notamment ceux faisant appel à PHP et MySQL).

Quiconque tenterait d’ignorer l’existence —et la pertinence— de ces offres de logiciels libre de tous droits et gratuits serait bien mal avisé. En effet, que l’on pense à Linux, à Firefox ou à WordPress (le script grâce auquel fonctionne ce blogue), il s’agit de solutions « open source » qui facilitent la vie de centaines de millions d’utilisateurs, à chaque jour.

Mais le gouvernement du Québec constitue encore (malgré l’évidence de la puissance du « libre ») un château fort pour les logiciels propriétaires, coûteux, peu flexibles et impossibles à personnaliser. Pourquoi celà devrait-il nous émouvoir? Parce qu’en tant que contribuables, nous payons la totalité des licences pour ces logiciels propriétaires. Et ça continue, sans réserve…

Heureusement, de valeureux défenseurs du logiciel libre montent aux barricades pour forcer le gouvernement du Québec à s’ouvrir aux logiciels libres. Il s’agit de FACIL, une association à but non-lucratif dédiée à la promotion de l’informatique libre.

Voici leur plus récent communiqué de presse, daté du 28 août 2008, où ils prennent « le taureau par les cornes »…

FACIL, association à but non lucratif, qui prône l’appropriation collective de l’informatique libre, dénonce les pratiques d’achats de logiciels nécessaires à l’administration publique sans appel d’offres de la part du Gouvernement du Québec.

FACIL a déposé une requête en Cour supérieure du Québec pour faire cesser ces agissements car elle considère ces pratiques comme contraire au Règlement sur les contrats d’approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics (R.Q. c. A-6.01, r.0.03) et à l’intérêt du Québec.

Au Québec, l’accès aux marchés publics est la règle alors que l’attribution de contrat sans appel d’offres est l’exception. En principe, un marché doit être ouvert à tous, de manière transparente et équitable. Les solutions et les propositions déposées doivent être évaluées objectivement à partir de critères reconnus et acceptés de tous. De plus, la loi impose que les marchés publics doivent favoriser le développement économique local et les technologies québécoises.

FACIL a constaté que des contrats d’achats de logiciels qui totalisent plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008, ont été obtenus par de grandes multinationales par avis d’attribution sans passer par le processus normal d’appel d’offres. Ces achats se font au détriment de l’industrie du service en logiciel basée sur le logiciel libre au Québec et sont un obstacle au développement des entreprises québécoises dans le secteur des technologies de l’information.

FACIL dénonce cette façon de procéder qu’elle considère intolérable, illégale et contraire à l’intérêt de la société québécoise.

Une politique rigoureuse et déterminée d’utilisation de logiciels libres dans les administrations publiques permettrait la création de très nombreux emplois durables, ainsi que des économies substantielles en licences de logiciels et inutiles mises à jour.

Cependant, trop souvent l’administration québécoise refuse d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre.

Alors que la plupart des pays industrialisés ont débuté, depuis plusieurs années, la migration de leurs infrastructures technologiques en utilisant des logiciels libres, l’administration publique québécoise accuse déjà un retard prononcé. Parmi de nombreux exemples, en France, des centaines de milliers de postes de travail de fonctionnaires migrent vers des logiciels libres et, au Pays-Bas, l’administration publique, l’une des plus modernes du monde, a décidé d’interdire l’utilisation de logiciels propriétaires dans le secteur public.

Malgré de nombreuses initiatives, et devant le refus de dialogue et de concertation des responsables de l’administration publique, FACIL a décidé d’en appeler à la justice afin d’exiger que la loi sur les marchés publics soit respectée par le Gouvernement.

Ce n’est un secret pour personne que le gouvernement du Québec entretient des liens quasi-incestueux, sous la couverture de « partenariats stratégiques », avec des géants du logiciel propriétaire comme Microsoft, Cisco et Oracle qui, ensemble, ont obtenu des milliards de dollars de notre gouvernement — même si d’excellentes solutions GRATUITES existaient!

Lorsqu’on ajoute le cortège de firmes de consultation spécialisées en développement de solutions basées sur ces logiciels propriétaires, on comprends mieux que ces « conseillers » ne parlent JAMAIS du « libre » parce qu’ils font leurs milliards avec le « propriétaire ». Et comme d’habitude, c’est le citoyen qui se fait lessiver pour enrichir ces firmes qui « oublient » de considérer les solutions libres.

Alors comment pourrions-nous sauver des milliards de dollars, dès maintenant?

On pourrait commencer avec un plan-maison en 5 points, pour les écoles…

  1. Installer Édubuntu sur tous les ordinateurs, incluant ceux de la direction (et Ubuntu Édition pour serveurs pour tous les besoins liées au web, au FTP et aux courriels);
  2. Installer Asterisk pour gérer tous les PBX des écoles;
  3. Installer MediaWiki comme base de connaissances « ouverte » dans toutes les écoles (et aussi, pour les groupes, dans les écoles);
  4. Préférer WordPress pour tous les directeurs, professeurs et élèves qui veulent discuter de l’école, du cursus académique ou de tout autre thème relié à l’éducation; et
  5. Installer Claroline pour la gestion des classes (incluant la gestion des devoirs et des sources documentaires).

Sans être un spécialiste, il m’est possible de désigner —en quelques minutes— cinq solutions « en béton » pour faire épargner des milliards au ministère de l’Éducation et pourtant, il semble que ce simple exercice soit au-dessus des forces des fonctionnaires du gouvernement du Québec!

Et les solutions « open source » ne s’arrêtent pas là, le site Zone Libre à lui seul vous en propose des centaines et si vous en voulez plus, une simple recherche dans Google vous permettra de trouver une solution qui vous convient.

Il faut dire que les fonctionnaires du gouvernement du Québec ne dépensent pas LEUR argent, à proprement parler.

C’est sans doute pourquoi ils se laissent charmer par les sirènes des « lobbys d’intérêts privés » qui leurs chauffent les oreilles avec leurs « solutions propriétaires » mais il faut un sacré culot pour passer outre les solutions « libres », surtout quand on voit la dette nationale monter à chaque jour.

Cette dette nationale devra être portée par nos enfants, ceux-là mêmes à qui on impose Microsoft Windows, à l’école. Nos enfants devront donc payer pendant des décennies les prix éhontés de ces licences de logiciels « propriétaires » alors qu’avec un peu de jugement, de vision et de courage, nos fonctionnaires auraient pu leur éviter LA TOTALITÉ de ces frais!

Alors rangeons-nous derrière FACIL et appuyons-les dans leurs démarches pour faire reconnaître les logiciels libres par les décideurs gouvernementaux. Il est temps que ça change… dehors Microsoft, bienvenue Linux et bye-bye les dettes reportées sur les épaules de nos enfants.

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