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Combattre la pauvreté n’est pas une mince tâche.

Le vieil adage voulant qu’on ait intérêt à apprendre à pêcher à celui qui a faim plutôt que de lui donner un poisson n’a pas été respecté. Les organismes censés venir en aide aux pays pauvres sont ceux-là même qui les ont confirmés dans leur actuelle « misère financière » où les dettes qu’ils ont contracté minent tout espoir de retour à la profitabilité, pour leurs gouvernements et leurs populations.

Quelles sont ces organisations censées venir en aide aux pays pauvres? Au premier chef, on retrouve la Banque mondiale (BM) et son complice de toujours, le Fonds monétaire international (FMI). Ces deux organisations sont financés par les pays les plus riches (d’un quarantaine à une centaine, selon diverses sources) et le Canada fait toujours partie des « donateurs ».

Autrement dit, le gouvernement du Canada —donne— de l’argent (qui est, dans les faits, une « nouvelle dette » pour les Canadiens) à ces deux organisations qui, à leur tour, la prêtent aux pays les plus pauvres de la planète, contribuant de ce fait à les endetter encore davantage. Il arrive que cette aide soit offerte « sans intérêts » mais il s’agit d’une mesure exceptionnelle accordée à des pays à peu près complètement dépossédés et donc, factuellement incapable de s’acquitter de toute dette.

Le point sur les efforts du Canada en matière d’allègement de la dette, janvier 2005.

Il arrive que le Canada aide directement un pays dans le besoin, comme ça s’est produit pour Haïti mais en règle générale, les centaines de millions de dollars accordés en « aide internationale » aboutissent dans les coffres du duo BM et FMI.

L’argent qui arrive dans les coffres de ces organisations n’en ressort pas puisque l’aide fournie grâce à ces fonds sert à « rembourser » des dettes existantes, en tout ou en partie. Dans les faits, ce serait plus juste de dire que le Canada vient en aide à la BM et au FMI en « donnant » des centaines de millions de dollars destinés à soulager des pays très pauvres qui se feraient, sans cette « aide », littéralement siphonner par les banquiers internationaux de ces organisations.

Au sein de la Banque mondiale (BM), on retrouve l’Association internationale de développement (IDA) qui gère les fonds de la BM pour les plus pauvres car, voyez-vous, l’argent canadien (et celui des autres pays riches) n’atteint jamais vraiment les pays pauvres — c’est à l’IDA que l’argent est égrainé vers les gouvernements des pays pauvres et ce, seulement dans le cas où ceux-ci présentent des plans « admissibles » pour « réduire la pauvreté ». En clair, une bureaucratie (IDA) dans la bureaucratie (BM) destinée à gérer les avoirs initialement vouées à soulager les pays pauvres. Nous sommes à des années lumières de l’aide véritablement bénévolente.

Si le Canada envoyait des centaines de millions de dollars aux pays pauvres, certains en feraient assurément un mauvais usage mais au moins, nous aurions passé outre l’intermédiaire aux dents longues, soit le club sélecte des banquiers internationaux.

En fait, grâce à nos centaines de millions de dollars versés, pour l’heure, à la BM et au FMI, certains pays pauvres auraient pu repayer 100% de leur dette extérieure (détenue par la BM et le FMI) et ainsi, s’extirper des griffes des banquiers mais non, le Canada a préféré donner sa cagnotte aux banquiers. Ça explique pourquoi les pays pauvres n’ont AUCUNE CHANCE de se sortir de leur misère, à l’intérieur du système économique qui a présentement cours.

Les Canadiens devraient être outrés de deux choses, principalement:

  1. Leur trésor public a été utilisé pour rembourser des dettes détenues par de riches banquiers et donc, a servi à enrichir ceux-ci sans nécessairement soulager les populations les plus pauvres; et
  2. Les Canadiens qui sont aux prises avec un fort niveau d’endettement ne se feront jamais aider par leur gouvernement alors que celui-ci continue de les appauvrir pour enrichir des banquiers internationaux, sous prétexte de venir en aide aux pays pauvres.

Autrement dit, les banquiers internationaux, paniqués devant le barrage de « mauvais prêts » qu’ils avaient accordé à des pays pauvres, en pensant probablement y faire des affaires d’or, ont exigé des pays riches qu’ils s’impliquent pour « rétablir » les paiements d’intérêts (ou plus rarement, de capital) des ces dettes et c’est de cette manière que les banquiers de la BM et du FMI ont quand même récupéré 100% de l’argent qui leur était dû.

Si les pauvres ne peuvent pas payer leurs dettes astronomiques, les banquiers ne font aucun concession et trouvent des manières, tantôt créatives, tantôt théâtrales, pour être payés. Cette fois-ci, ils ont balancé le fardeau des dettes des pays pauvres sur le dos des citoyens des pays riches.

Il faut aider les pauvres.

Personne ne remet ça en question.

Ce qui devrait l’être, cependant, c’est la position qu’occupe l’élite des banquiers internationaux dans l’actuel échiquier financier mondial. Les banquiers internationaux accordent des prêts (portant un fort intérêt, en raison du « risque ») avec l’argent des pays riches à des pays pauvres qui n’ont pas les moyens de les rembourser.

Quand les pays pauvres n’arrivent plus à repayer leurs dettes à la BM et au FMI, ces deux organisations ont alors tout le loisir d’exiger des contreparties qui leurs sont unilatéralement favorables.

Au diable les pauvres! Les banquiers veulent remplir leurs coffres et l’argent doit venir de quelque part. Du gouvernement, d’une minière étrangère qui verse un dividende (plus ou moins secret ou déclaré) pour avoir le droit de piller le sous-sol du pays pauvre, d’un entrepreneur opportuniste qui utilise un droit de passage pour y construire un pipeline ou encore, d’un despote qui est maintenu au pouvoir tant qu’il contribue à vampiriser l’équité (sous toutes ses formes) de ses citoyens.

Pour les banquiers internationaux qui n’accepteront jamais de « laisser aller une dette » sans d’abord obtenir une ou plusieurs contreparties « recevables », la vie humaine n’a aucun valeur. La dette monétaire, les chiffres et les signes de dollars a préséance sur tout. Absolument tout.

Le Canada, en voulant « aider » les pays pauvres, via la BM et le FMI, n’a fait que les condamner à l’esclavage économique pour de nombreuses autres décennies. Au mieux, certains pays pauvres vont être temporairement soulagés jusqu’à ce que la BM et le FMI aient d’autres « cadeaux empoisonnés » à leur refiler.

Et pendant ce temps, les Canadiens aux prises avec des dettes portant un fort taux d’intérêt ne reçoivent aucune aide qui vaille.

Pour le gouvernement canadien, ce qui est bon pour les pays endettés ne serait pas bon pour les canadiens? Voyons, ça n’a aucun sens! À moins que ce ne soit parce que certains individus, au gouvernement, n’aient un intérêt quelconque à engraisser les banquiers internationaux, en faisant croire que les centaines de millions de dollars qu’ils leurs acheminent servent à « aider les pauvres », un argument usé à la corde et qui, même si les pauvres s’appauvrissent de plus en plus, continue de « confondre les masses » de gens mal informés qu’il s’agit d’une « bonne chose ». Déshabiller Pierre pour habiller Paul. C’est à ça que nous assistons!

Personne ne peut nier que la lutte à la pauvreté constitue une tâche colossale.

Ce qu’il faut faire, c’est de mettre fin à l’actuel cartel sur l’argent qu’opèrent les Nations unies, principalement via la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) qui engrangent des profits astronomiques via les intérêts qu’ils perçoivent, sans gêne, des pays pauvres qui ont été contraints, pour toutes sortes de raisons, de faire appel à leurs « services ».

Mais ce n’est pas tout, il faut faire la promotion active du « juste échange » au lieu de cautionner le « libre échange » qui favorise unilatéralement les transnationales étrangères, au détriment des petites entreprises que l’on retrouve dans les pays pauvres. Le juste échange permettrait aux transnationales d’opérer dans tous les pays mais sans qu’elles ne puissent y nuire aux écosystèmes financiers locaux. Ce faisant, la répartition de la richesse pourrait se poursuivre, localement, enrayant de ce fait l’essentiel des poches de pauvreté, dans la population.

Pour finir, ça prends un retour à un système de valeur basé sur le droit à un travail correctement rémunéré en fonction des tâches, au droit à l’éducation, à la santé et aux libertés fondamentales, essentielles à l’épanouissement des gens.

Notre vision du monde doit aller dans le sens d’aider les autres qui en ont le plus besoin et non dans le sens de remplir les coffres des banquiers internationaux.

Tant que nous continuerons à contribuer à « concentrer la richesse », le monde dans lequel nous vivons continuera de se refermer sur nous, comme un étau.

L’endettement n’est qu’un autre mot pour désigner l’esclavage financier des masses au profit d’une élite financière ouvertement malveillante qui n’a, entre autres choses, aucune intention de mettre fin au système de pauvreté planifiée qu’elle a perfectionné, au fil des décennies.

Les pauvres aident à « vendre » les « activités » des banquiers internationaux mais en dépit des centaines de millions que les Canadiens ont récemment versé pour leur venir en aide (aux pauvres), il n’y a que les banquiers qui s’enrichissent — cherchez l’erreur…

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