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C’est le vendredi 13 décembre 2013 que Statistique Canada exposait ses chiffres pour expliquer que le niveau d’endettement des ménages, soit le ratio de la dette contractée sur le marché du crédit au revenu disponible, est passé de 163,1% au 2e trimestre à 163,7% au 3e trimestre.

Dit autrement, les Canadiens doivent pratiquement 1.64$ pour chaque dollar de revenu disponible qu’ils gagnent en une année. On parle bien de revenu net et non du revenu brut et comme on connaît tous l’apétit des gouvernements, surtout au Québec, c’est normal qu’il en reste si peu pour repayer toutes ces dettes.

Évidemment, les achats de maisons représentent l’essentiel des dettes contractées par les ménages qui ont emprunté 25,1MM$ au 3e trimestre, dont 19,7MM$ sous forme d’emprunts hypothécaires.

La dette hypothécaire totale des Canadiens a ainsi atteint un peu plus de 1,100MM$, en hausse de 1.8% par rapport au 2e trimestre. Quant à la dette sur le marché du crédit à la consommation, elle s’élève à 505 milliards, soit une hausse de 1% par rapport au trimestre précédent.

Ce qu’on lit, entre les lignes, c’est qu’un grand nombre de consommateurs canadiens endettés tentes de s’en sortir en diminuant leur recours à l’endettement. Au moment où l’inflation continue à agir sur le prix des maisons (la bulle inflationnaire qui fait exploser la prétendue valeur des maisons), il est devenu très difficile de se loger à un prix raisonnable.

Et on voit les villes capitaliser plus que jamais via le compte de taxes en raison de cette hausse (largement artificielle et non justifiée) de la valeur estimée des maisons, d’où une ponction encore plus cruelle pour tous ceux qui doivent se loger, soit en tant que propriétaires ou en tant que locataires parce que les deux sont directement touchés.

Devant une telle attaque financière contre les consommateurs canadiens et devant l’évidence que les salaires stagnent et que les bons emplois à temps-plein sont graduellement remplacés par une nébuleuse d’emplois de moindre qualité, à temps-partiel, la seule option pour plusieurs va dans le sens d’une diminution du recours à l’endettement, par tous les moyens.

Heureusement, certains s’en sortent mieux que d’autres mais l’endettement n’enrichit personne… sauf les banquiers qui reçoivent leurs propres fruits ou le fruit des autres, à un moment ou à un autre du circuit emprunté par l’argent.

Comme on redistribue une partie de la richesse au Canada, plus il y a de gens qui glissent dans la précarité en raison de l’endettement, plus ceux qui ont encore de l’argent sentent l’importance de la ponction qui a lieu pour payer le cortège de services sociaux qui deviennent nécessaires lorsque l’endettement pulvérise le niveau de vie de millions de canadiens qui, en retour, ont besoin d’aide… de beaucoup d’aide.

La croissance de l’endettement a tout de même ralenti. Sur une base annuelle, sa progression a été de 4.5%. Il s’agit de la plus faible croissance depuis la récession américaine de 2001, observe Leslie Preston, économiste de la Banque TD.

Le nouveau sommet d’endettement des ménages atteint au 3e trimestre vient néanmoins freiner les spéculations sur un éventuel abaissement du taux directeur, maintenu à 1% depuis plus de 3 ans, selon le Mouvement Desjardins.

« Malgré ce que pensent certains investisseurs, l’éventualité d’une réduction de taux d’intérêt directeurs dans les mois à venir peut être écartée, car les risques d’inciter les ménages à s’endetter davantage apparaissent trop grands par rapport aux bénéfices que pourrait en tirer l’économie canadienne. » — Extrait d’une note de l’économiste Benoit Durocher de Desjardins

Statistique Canada précise aussi que la valeur nette des ménages a augmenté de 2.2%, en raison, principalement, de la solidité du marché boursier au Canada et à l’étranger. La valeur des actions et d’autres avoirs ayant progressé de 3.7% et la valeur des biens immobiliers des ménages ayant augmenté de 1.5%.

L’endettement des ménages demeure un sujet d’inquiétude dans un contexte où le gouverneur de la Banque centrale, Stephen S. Poloz, reconnaît que le marché immobilier canadien est surévalué. En ce sens, au début de décembre 2013, la Deutsche Bank a placé le Canada au sommet d’une liste des pays où le marché immobilier est le plus surévalué. L’étude de la Deutsche Bank évalue que le marché immobilier canadien est présentement évalué à 60% au-dessus de sa valeur réelle. Ça montre l’ampleur du problème où les maisons coûtent encore beaucoup trop cher mais la valeur n’y est tout simplement pas, dans plusieurs cas!

Les Canadiens veulent se sortir des dettes qui les affligent mais le système en place favorise unilatéralement les banquiers qui, par le jeu tordu des intérêts et des intérêts composés, volent litéralement la richesse des consommateurs qui réalisent, au fil du temps, qu’il peut s’avérer impossible de rembourser toutes les dettes en circulation, incluant les leurs.

Autant les dettes s’avèrent être un cancer personnel pour les finances de millions de consommateurs Canadiens, autant c’est un énorme problème social aux conséquences extrêmement néfastes et même, dans trop de cas, mortelles.

Il faut mettre fin au sinitre mécanisme d’endettement ayant cours via la Banque du Canada où seuls des institutions privilégiées peuvent emprunter l’argent à 1% pour ensuite le prêter aux consommateurs en multipliant éhontément le taux d’intérêt, souvent à 19,9% ou plus, via des cartes de crédit. Le système actuel ne favorise que les banquiers et nos élus doivent se tenir debout et nous débarasser de ces parasites bancaires qui ne créent qu’une quantité plus importante… de dettes, avec tous les torts que ça comporte.

Si l’endettement des ménages canadiens atteint un nouveau record, ce n’est pas étranger au fait que les banquiers sont de cruels prédateurs financiers qui ne se gêneront jamais pour s’enrichir aux dépens des autres.

Courage aux ménages canadiens qui font l’impossible pour s’arracher aux griffes de l’endettement et honte sur nos élus qui continuent à faire de la petite politique sans s’attaquer au cœur problème, soit l’oligarchie bancaire canadienne qui ne sert que ses propres intérêts en piétinant invariablement les nôtres.

Le 99% doit se lever et tenir le 1% responsable de ses exactions économiques contre le peuple canadien. C’est le même racket ailleurs dans le monde mais ici, il faut que ça cesse. Faites entendre votre voix contre une société de consommation basée sur l’endettement perpétuel, tel que mis en place par l’establishment bancaire, avec la discrète complicité de nos gouvernements qui ont perdu leur compas moral en laissant les institutions bancaires retirer un gigantissime profit sur tous leurs prêts, aux dépens de tous les consommateurs qui, eux, sont pris pour repayer des sommes tellement élevées que ça ne fait aucun sens, pour personne… sauf pour les banquiers-prédateurs.

C’est bien beau s’endetter mais auprès de qui et à quel prix?

Il y a un très gros redressement à faire, au Canada et au Québec. Nos élus continuent à se faire discrets quant à l’attaque mesquine des institutions financières contre le peuple mais viendra le jour où leurs jeux de coulisse seront exposés et où il devront répondre de leur silence et de leur inaction à défendre ceux qui tombent victimes des stratégies pro-endettement des banquiers.

Plus vous en apprendrez à propos des banquiers et de leurs façons de faire de l’argent sur votre dos, plus vous comprendrez que vous ne ferez jamais partie du 1% et qu’en tant membre 99%, vous ne valez pas mieux que du bétail, à leurs yeux. Vous êtes la proverbiale vache à lait d’un banquier… vous n’êtes pas tannés d’être une vache lentement dévorée par des loups impitoyables de Bay Street?

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