Select Page

 

Au Québec, tout le monde connaît Bombardier et depuis son embauche, le 13 février 2015, des millions de Québécois apprennent à connaître Alain Bellemare, en tant que PDG de cette multinationale qui, désormais, se fait étiqueter de “BS Corporatif” et ce, dans une large part, à juste titre.

Depuis 5 ans que le titre de Bombardier plante, en bourse. Rien pour rassurer des investisseurs potentiels ou même, des acheteurs.

La situation se détériore à tel point que le 29 octobre 2015, la compagnie a reçu 1,3MM$CA provenant du gouvernement du Québec pour continuer à fabriquer ses avions de la C-Series et ce, après une perte de 4,6MM$US au 3e trimestre de 2015, chez Bombardier et ce, dû aux délais et à l’augmentation des coûts dans ce programme.

Et ce gigantesque “investissement” du Québec dans une “coquille” de type “co-entreprise” où le gouvernement a obtenu une participation de 49,5% dans le programme de la C-Series (et non de Bombardier ou encore, de Bombardier Aéronautique) n’était qu’un début.

Oui, l’argent des contribuables coule à flots lorsque vient le temps de “sauver” les meubles pour l’avionneur dont le bureau-chef est basé à Montréal.

Encore de l’argent public

On aurait pu penser qu’avec une si grosse injection d’argent, Bombardier aurait trouvé une oreille attentive auprès d’investisseurs privés mais non, ça n’a pas été le cas.

Le 7 février 2017, Bombardier a reçu une contribution remboursable de 372,5M$CA du gouvernement fédéral afin de l’aider dans ses activités de recherche et développement (R-D) des programmes C Series et Global 7000.

Alain Bellemare demandait, en décembre 2016, qu’il voulait une aide fédérale de 1MM$US de la part du fédéral mais en fin de compte, il était satisfait du prêt qu’il venait de recevoir.

Autrement dit, entre ce qu’Alain Bellemare demande et ce qu’il reçoit, même s’il y a une énorme différence, il est heureux quand même. Ça aurait été intéressant que le gouvernement du Québec sache ça avant d’engloutir 1,3MM$CA car 372,5M$CA sous forme de prêt aurait probablement fait l’affaire. Du moins, pour le PDG de Bombardier, selon toute vraisemblance.

La lueur d’espoir malgré la saignée des licenciements

Après un développement marqué par des retards et des dépassements de coûts, le programme C-Series est entré en service en juillet 2016. Jusqu’à ce jour, l’avionneur montréalais a reçu 360 commandes fermes pour son nouvel appareil commercial.

En soi, c’est une bonne nouvelle mais plusieurs avions ont été vendus à rabais, notamment pour les 45 appareils destinés à Air Canada. Cette commande aurait pu survenir plus tôt et comme il s’agit du transporteur national, c’est un peu normal qu’il achète “local”, surtout pour un modèle d’avion censé offrir d’importants avantages au chapitre des économies d’essence et de la fiabilité.

Mais Bombardier qui a pris l’argent public d’une main a aussi, sous la gouverne d’Alain Bellemare, le fameux “sauveur” de Bombardier, procédé au licenciement de milliers de Québécois pour exporter ces bons emplois au Mexique, entre-autre. Rien pour remercier les Québécois de leur appui à “leur” avionneur mais le PDG de Bombardier plaide qu’il sauve des emplois, globalement, en délocalisant plusieurs activités d’assemblage, ailleurs qu’au Québec.

Pour le contribuable moyen, c’est l’équivalent de se faire gifler au visage et de devoir dire “merci”, après. Inadmissible mais Bombardier a son argent et fait, à l’évidence, ce qu’il veut avec.

Rappelons qu’en février 2016, Bombardier a coupé 2,400 emplois au Québec et ça ne s’arrête pas là puisqu’en octobre 2016, ce sont 1,500 autre employés bien payés qui sont licenciés.

Bellemare s’en met plein les poches, au ralenti

Après avoir joué le jeu de la main tendue, le président et chef de la direction de Bombardier Inc. et membre du conseil d’administration (depuis 2015), Alain Bellemare se voit octroyer —par le CA où il siège— une hausse importante de son salaire déjà multi-millionnaire.

En effet, malgré la “grande séduction” de Bombardier qui a réclamé l’aide du public, voilà qu’Alain Bellemare figure au rang des 6 dirigeants de Bombardier qui reçoivent une hausse de 48% de leur rémunération.

Notons qu’ensemble, en 2016, Alain Bellemare et Pierre Beaudoin (le fils de Laurent Beaudoin qui assiste à 11 séance du CA par année pour une “compensation” variant entre 5 [en 2015] et 7MM$CS [en 2016], chaque année) ont reçu 19,5M$CA.

Vous en voulez des millions, en v’la!

Dans les poches de ceux qui quêtent l’argent du public et qui sauvent l’entreprise (sic) en mettant des milliers d’employés québécois à la porte… pour ensuite faire des embauches au Mexique et ailleurs.

Elle est pas belle, la vie de PDG chez Bombardier?

Les Québécois sont insultés d’un comportement aussi arrogant de la part des dirigeants de Bombardier qui sans aucune gêne, s’enrichissent pendant qu’ils empochent l’argent public et licencient des milliers d’employés québécois.

Lien de confiance brisé

Dans l’entrevue qu’Alain Bellemare a accordé à Paul Arcand du FM 98,5, à Montréal, le PDG de Bombardier parle de sa “décision” (comme s’il avait soudainement pris conscience de ce qu’il était en train de faire) de reporter 50% de sa hausse de rémunération.

Autrement dit, Alain Bellemare reporte une partie de sa hausse mais n’y renonce pas.

On parle d’un homme qui gagne déjà 6,426,000$CA, pour 2015 et encore plus pour 2016 car il aura 50% de sa hausse de rémunération, le reste (l’autre 50%) lui sera versé dans quelques année, en 2020, si les objectifs de l’entreprise sont atteints mais on s’entend, ces “objectifs” sont déterminés par le CA qui a “voté” les hausses astronomiques des “administrateurs”. De l’argent en banque, sans aucun stress!

Alain Bellemare ne perdra donc pas au change. Ses autres collègues administrateurs, eux, auront leur augmentation, sans devoir attendre. Aussi simple qu’une lettre à la poste.

Québec ne lève pas le ton

Philipe Couillard, premier ministre du Québec et chef du Parti libéral ne voit aucune raison de voir les conditions de l’aide gouvernementale qu’il a accordé, malgré ce comportement qui peut-être qualifié de déplacé.

Sans surprise, les Libéraux se rangent derrière leur chef et ne trouvent rien à redire, face à ce comportement aussi avaricieux qu’irrespectueux.

Le gouvernement du Québec aurait dû lever le ton mais ne le fait pas. Très, très décevant.

Encore plus décevant de voir que l’aide publique a été accordé sans balises en regard de la rémunération des dirigeants de Bombardier ou encore, pour éviter les licenciements de Québécois pour ensuite aller embaucher des Mexicains. Rien contre les Mexicains mais frustrant de voir que l’argent québécois sert à mettre les québécois au chômage afin de faire travailler les Mexicains. Ça ressemble davantage à une arnaque qu’à un “plan de relance”.

Les allégeances de Bellemare

Il faut savoir qu’Alain Bellemare a travaillé avec Boeing et Airbus et là, à le voir se remplir les poches pendant que Bombardier perd encore de l’argent, on peut se demander à quel point il tient vraiment à faire croître notre “fleuron” québécois.

En tout cas, il ne donne absolument pas le bon exemple.

Il est —peut-être— en train de suivre son “plan gagnant” et on le souhaite, bien entendu mais il envoie tellement de mauvais signaux que ça fait douter de sa capacité à piloter cet avionneur qui continue d’être en difficulté parce que les avions de la C-Series, malgré son plan, ne se vendent toujours pas assez pour renflouer les dettes qui continuent de croître.

Restructurer, couper dans les jobs, couper dans les prix, mettre à pied et se remplir les poches, c’est ça, jusqu’à présent, le bilan d’Alain Bellemare, chez Bombardier.

Il n’aimerait pas être confronté à ce bilan mais c’est celui dans lequel il se confirme, jusqu’à ce jour.

On fait quoi, maintenant?

Puisqu’il s’agit d’un employeur-clé, au Québec et que nous l’avons généreusement financé, il importe de voir à faire rentabiliser notre mise.

Les salaires des dirigeants devraient tenir compte du contexte dans lequel Bombardier se trouve afin d’éviter de rire au visage des Québécois qui peine à boucler leur budget pendant qu’Alain Bellemare essaie de faire pitié avec plus de 6M$ de compensation, annuellement. C’est vraiment insultant de voir qu’un millionnaire se plaint de ne pas encore gagner assez alors qu’il a passé l’essentiel de son temps, depuis qu’il est en poste, à faire de yeux de biche à tous les politiciens qui accepté de l’entendre, afin de renflouer l’entreprise qu’il dirige.

La concurrence est féroce, à travers le monde, aussi bien pour les avions de Bombardier que pour ses trains (où il vient d’y avoir 2MM$CA, via la Caisse de dépôt pour la nouvelle entité BT Hodco, en novembre 2015) alors sans nier que d’autres géants du domaine aient reçu des aides de leurs États respectifs, il faut demeurer conséquents avec le contexte de l’aide qui a été accordée, si généreusement, à Bombardier.

Est-ce qu’Alain Bellemare est l’homme de la situation? Pierre Beaudoin qui a amené l’entreprise au bord de la faillite a-t-il encore sa place comme président du CA? Les 6 dirigeants qui gagnent des millions alors que l’entreprise écrit ses bilans à l’encre rouge méritent-ils vraiment des augmentations de 30% et plus (jusqu’à 93%, en 2016)?

Les Québécois ont le droit de s’interroger sur Bombardier, sur Alain Bellemare, sur la réponse de notre classe politique et sur l’assistance-social corporative qui peine à prouver sa rentabilité effective.

Pour terminer, regardez cette liste de compensations salariales afin de vous demander si les dirigeants de Bombardiers comprennent bien le contexte dans lequel ils évoluent, en ce moment…

 

Pierre Beaudoin
Président du conseil d’administration

  • 2015 – 5M$
  • 2016 – 7M$
  • Une augmentation de 36,5%

Alain Bellemare
Président et chef de la direction

  • 2015 – 8,4M$
  • 2016 – 12,5M$
  • Une augmentation de 47,7%

John Di Bert
Vice-président principal et chef de la direction financière

  • 2015 – 3,8M$
  • 2016 – 5,3M$
  • Une augmentation de 28,9%

David Coleal
Président, Avions d’affaires

  • 2015 – 3,8M$
  • 2016 – 6M$
  • Une augmentation de 55,4%

Frederick Cromer
Président, Avions commerciaux

  • 2015 – 4,4M$
  • 2016 – 6M$
  • Une augmentation de 36%

Laurent Troger
Président, Transport

  • 2015 – 3,2M$
  • 2016 – 6,2M$
  • Une augmentation de 93,3%

Pin It on Pinterest