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Vous travaillez au salaire minimum, bonne nouvelle!

Votre salaire horaire passera à 10,35$ dès le 1er mai 2014. C’est Agnés Maltais, la ministre du Travail qui vient de l’annoncer, hier, mercredi le 5 février 2014. Il s’agit d’une hausse de 0,20$ de l’heure.

En ce qui concerne les employés au pourboire, leur salaire horaire passera de 8,75$ à 9,90$.

Le gouvernement du Québec estime que plus de 345,000 travailleurs reçoivent le salaire minimum et que de ce nombre, 212,000 (soit 61,44%) sont des femmes. Dans la province, 90% des travailleurs qui gagnent le minimum sont dans le secteur des services, comme l’hôtellerie, la restauration ou le commerce de détail.

Cette hausse ne rattrape cependant pas le salaire minimum ontarien qui, au 1er juin 2014, passera à 11$ / heure. Ce sera le salaire minimum le plus élevé au pays.

On se demande pourquoi le Québec ne choisit pas la parité avec l’Ontario, à ce chapitre. Le gouvernement du Québec croit-il que les travailleurs de la province VALENT MOINS que ceux de la province voisine? Pourquoi un travailleur québécois vaudrait-il 65 cents de moins, à l’heure, qu’un travailleur ontarien? Ce sont des questions qui se posent mais la ministre Maltais se refuse à de tels comparaisons… et pourtant, les chiffres parlent plus fort que les vœux pieux, quand il est question de salaire.

Le Québec étant à la fois l’une des provinces les plus pauvres au Canada et l’endroit le plus taxé en Amérique du Nord, une augmentation plus importante du salaire minimum aurait été mathématiquement favorable, compte tenu qu’une large part de chaque chèque de paie retourne aux gouvernements.

Qu’importe, la tradition de garder le salaire minimum aussi bas que possible pour minimiser les frais liés au maintien du personnel “de base” chez de nombreux employeurs va dans le sens que pour le travailleur et la société, en général, c’est mieux d’avoir un “petit emploi” que pas d’emploi du tout (parce que la charge serait trop élevés, dans un contexte de “salaire minimum” plus respectable).

Si on se donne le droit de rêver un peu, on pourrait imaginer un salaire minimum à 14$ / heure pour que tout le monde soit capable de vivre de son travail. En ce moment, pour les travailleurs au salaire minimum, c’est à deux doigts du pain sec et de l’eau. Comme plusieurs n’ont pas d’accès à l’internet, ne vous attendez pas à lire leur “histoire” ici! Ce sont généralement des travailleurs de l’ombre qu’on croise sans trop porter attention et pourtant, ils travaillent dur et mériteraient davantage de respect de la part du gouvernement qui, en ce moment, intéresse les employeurs en bradant ce lot de travailleurs plutôt abordables et esclaves du prochain chèque de paie et donc, très disciplinés.

Pauline Marois, millionnaire et mariée à un riche homme d’affaires, peut difficilement comprendre la réalité d’un travailleur au salaire minimum, surtout quand ce travailleur a des enfants ou vit un épisode de monoparentalité. Ceci dit, il demeure une lueur d’espoir qu’elle verra à développer de belles opportunités d’emploi, d’un bout à l’autre du Québec pour que personne n’ait à endurer un emploi qui ne paie pas assez pour couvrir les besoins de base d’une personne normalement constituée.

Le gouvernement du Parti québécois qui parle continuellement de sa Charte des valeurs a tout à gagner à se concentrer sur l’économie parce que des salaires plus élevés pour tous permet justement de se payer des programmes sociaux. La charue avant les bœufs, ça ne fonctionne jamais! Vivement des développements économiques financés par le privé (et non le public).

Enfin bref, tant mieux si vous aimez vos 20 cents de plus par jour, dès le 1er mai 2014 mais si possible, améliorez votre sort en changeant d’emploi vers quelque chose de bien, bien plus payant.

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