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Avec un dollar canadien à seulement 76 cents, par rapport au dollar américain, c’est facile de voir le déséquilibre que crée cette dévaluation largement justifiée par la chute du prix du baril de pétrole et un ralentissement économique marqué dans plusieurs régions du Canada.

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On aurait pu croire qu’avec le dollar canadien en chute, nos entreprises exportatrices auraient rapidement augmenté leurs exportations pour soutenir le cours de notre devise mais non, ça ne s’est pas encore produit ou alors, pas dans une mesure suffisante pour éviter l’actuel stress économique.

Ce qu’on constate, c’est qu’en ce moment, il y a un resserrement généralisé de l’accès au crédit, aussi bien pour les consommateurs qui n’en finissent plus de devoir composer avec les conditions de prêt hypothécaires imposées par les banques que pour les entreprises qui n’arrivent plus à obtenir les prêts dont ils ont besoin pour moderniser leurs opérations et financer les activités qui pourraient mener à la croissance attendue par leurs actionnaires.

Autrement dit, nos entreprises voudraient bien se mettre à exporter mais elles ont été prises de vitesse, n’ayant pas pu se moderniser à temps pour profiter de la baisse du dollar canadien et là, les banques font la fine bouche pour leurs prêts commerciaux alors toute l’économie en souffre.

Les banques ont beau être frileuses, elle ont beaucoup trop resserré les conditions des prêts commerciaux.

Ce faisant, la capacité de nos petites, moyennes et même grandes entreprises à innover et exporter s’en trouve neutralisée.

La Banque du Canada devrait d’ailleurs sévir contre notre cartel canadien de banques qui jouent la carte de la prudence excessive alors qu’en temps de récession (déclarée depuis hier), elles devraient contribuer à la relance en relâchant leur prise strangulatoire sur l’accès à l’argent.

Et ce n’est pas tout…

Comme notre dollar canadien vaut environ 25% de moins que le dollar US, c’est une aubaine pour les transnationales étrangères, surtout américaines, de venir faire des achats d’entreprises ici, à rabais.

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Il ne faut pas être dupe. Ces achats de nos entreprises par des étrangers visent souvent à prendre le contrôle de nos recettes industrielles, de nos brevets et de nos droits d’auteur pour ensuite fermer les opérations ici et tout contrôler depuis l’extérieur du Canada, où la main d’œuvre coûte moins cher alors pour le Canada (et le Québec), c’est alors une importante perte, sur tous les fronts.

Nos élus, aussi bien à Ottawa qu’à Québec, ne manifestent aucun intérêt à arranger les choses. Même que Philippe Couillard continuer d’accorder des CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS à des transnationales étrangères pour qu’elles viennent exploiter nos ressources, ici! C’est raide-dingue! Exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire.

Les gouvernements devraient alléger la bureaucratie et faciliter l’expansion de nos entreprises à propriété locales ou nationale tout en ajoutant des contrôles aux entreprises internationales qui détroussent le fisc de MILLIARDS DE DOLLARS à chaque année via d’importantes sommes légalement transférées dans des compagnies (qui leurs appartiennent) dans des paradis fiscaux.

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Vous voulez savoir comment le racket fonctionne?

Très simple.

Une compagnie fabrique un produit au Québec ou le vend. Dans les deux cas, il y a des frais pour ces opérations, disons 100M$ par année. Le propriétaire de cette entreprise créé alors un HOLDING aux Bahamas qui possède les brevets ou autres droits liés à l’opération ayant lieu ici. Cette filiale offshore facture alors des sommes exorbitantes, genre 80M$ par année, pour l’usage de cette “propriété intellectuelle”, transférant donc légalement 80M$ dans un compte de paradis fiscal de manière 100% légale!

Sans surprise, un trou de 80M$ crée un déséquilibre fatal pour la compagnie opérant ici alors elle utilise cette énorme perte pour éviter de payer de l’impôt et même, d’obtenir d’important rabais pour plusieurs année… voire même des remboursements!

Et c’est 100% légal… nos lois sur l’impôt sont largement incapables de stopper cette ÉNORME HÉMORRAGIE ÉCONOMIQUE vers les paradis fiscaux et nos entreprises d’ici sont flouées par ce jeu pervers qui favorise les ultra-riches et pénalise TOUS LES AUTRES CITOYENS.

Par exemple, si les employés veulent de meilleurs salaires, oubliez-ça! Le patron va leur expliquer qu’ils n’ont “pas une cenne” pour ça et c’est vrai parce que l’argent à pris le chemin d’un paradis fiscal.

Qui profite de cette structure de holding dans un paradis fiscal? Le ou les propriétaires de ce holding. Ils se font venir une carte de débit et vivent la belle vie, sans payer d’impôt et en vivant grâce à des comptes offshore qui sont garnis parce qu’ils ont vampirisé les entreprises d’ici.

Alors au-delà de la dévaluation du dollar canadien et de la frilosité des banques à prêter de l’argent aux entreprises, il y a l’énorme problème systémique des paradis fiscaux qui appauvrissent TOUS LES CANADIENS sauf les ultra-riches.

Et ces ultra-riches, pour un bon nombre, n’habitent même plus au Canada à l’année, préférant passer jusqu’à 6 mois à l’extérieur du pays. Comme les 660,000 snowbirds canadiens qui vont passer leur hiver dans le Sud, principalement en Floride. Très mauvais pour notre économie de votre nos plus riches citoyens se sauver dans le Sud mais au fond, comment les blâmer, c’est vrai qu’il fait plus beau là-bas. Mais économiquement-parlant, c’est une saignée pour le Canada mais une manne pour la Floride.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions assez simples pour assurer une belle reprise à notre économie, incluant celle du Québec qui ne carbure pas au pétrole, comme en Alberta. La question, c’est à savoir si nos décideurs gouverneront en fonction du meilleur intérêt du plus grand nombre ou comme c’est le cas en ce moment, pour l’enrichissement unilatéral des groupes d’intérêts privés.

Ce sont des choix individuels et collectifs qui doivent être pris afin de rétablir davantage de cohérence dans notre système économique.

En ce moment, c’est clair que notre économie bat de l’aile parce que nous dépendons trop de nos ressources et non de la création de valeur ajoutée en 2e et 3e transformation.

Soyons confiants quant à l’avenir mais pragmatiques quant aux solutions à appliquer pour améliorer notre bilan économique mais aussi, les conditions de vie des Canadiens et des Québécois qui, en ce moment, font les frais de politiques mal adaptées et qui vieillissent mal.

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