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Les parents d’enfants fréquentant l’école primaire, au Québec doivent d’urgence trouver des patins pour satisfaire à l’exigence d’une activité de patin, à leur école.

Oubliez les patins de l’an dernier, les pieds de tous les enfants prennent trop d’expansion, annuellement, à cet âge! Alors pour trouver des patins pour junior, il faut soit faire appel aux petites annonces classées (avec tout ce que ça comporte comme “surprises”) ou se tourner vers les magasins de sports.

Déjà qu’il faut payer pour les souliers, les espadrilles, les bottes et les bas assortis, l’école décide inévitablement d’organiser une activité de patinage qui durera environ une heure mais qui forcera tous les parents d’élèves à fournir des patins. C’est une activité vraiment dispendieuse, pour une seule petite heure de divertissement sur lames.

Au sortir des Fêtes, le mois de janvier n’est pas celui où les ménages québécois regorgent de richesses pour payer cette énième dépense passablement inutile quand on considère que l’école aura tout simplement pu opter pour une activité de hockey-bottines où tout le monde aurait pu amener son bâton de hockey, à bien moindre coût et sans les embêtements liés à l’achat de patins.

Parce qu’au-delà des patins, il faut les bons bas (en laine qui montent presqu’au genoux) et un casque qui permet qu’on porte une tuque, en-dessous (on oublie alors les casques de vélo, utilisés en été). C’est sans oublier les protèges-genoux et les protèges-coudes parce que la plupart des enfants, à cet âge, ne savent pas patiner et une seule chute peut engendrer d’importantes blessures. Et gare aux parents qui auraient négliger de faire aiguiser les patins parce que c’est à peu près impossible d’avancer ou de freiner, si on ne l’a pas fait faire (encore des frais et des déplacements).

C’est irresponsable de la part des écoles d’imposer une activité de patinage, en début de session d’hiver. Ça devrait être du hockey-bottines à l’école. Ce serait moins coûteux et plus agréable. Les parents n’auraient pas à se procurer du matériel de patinage en catastrophe et les enfants pourraient se concentrer sur le jeu au lieu d’essayer d’éviter de se blesser, en patins.

Et là, on passe l’étape où tous les enfants doivent enfiler leurs patins, avant d’embarquer sur la glace. Et que dire de l’après-patinage où il faut remettre ses bottes après avoir tenté d’enlever ses patins solidement attachés! Disons que le hockey-bottines aurait été pas mal plus pratique, pour les enfants… et les organisateurs scolaires.

Tandis que les parents sont généralement OBLIGÉS d’acheter des patins, précisons que ceux-ci ont à peu près le même niveau de confort qu’il y a 50 ans. Les fameux patins Bauer (lire: Nike) coûtent très cher en raison d’une absence à peu près complète de réelle compétition et donc, n’évoluent pas, au plan du confort. Ceux qui les ont déjà essayé le savent, le pied est directement placé sur le plastique (avec une semelle ridiculement mince) et après quelques minutes d’utilisation, la lame rentre dans le milieu du pied  (avec l’impression qu’elle pousse, vers le haut) et semble vouloir le trancher en deux, sur la longueur. Un proverbial monument d’inconfort! Pauvres enfants qui sont pris pour porter ça… et il n’existe rien de bien mieux, qu’importe le prix.

Nos enfants sont donc pris pour porter des patins dispendieux et inconfortables sur lesquels ils n’ont pas encore développé leur équilibre et ce, dans un contexte où les enseignants et accompagnateurs seront débordés et donc, incapables de véritablement accompagner chaque enfant propulsé sur la glace avec pour seul contact avec la surface, deux petites lames de métal. Quelle belle recette pour les mauvaises surprises!

Il y a tellement de blessures liées à l’activité de hockey-patin qu’on préfère taire la chose, à l’école. Les chutes sont considérées “normales” et les ecchymoses (les fameux bleus) ne valent pas la peine d’être mentionnées. Il y aurait aussi des blessures semblables avec le hockey-bottines mais bien moins, principalement en raison du port de bottes qui supportent mieux l’enfant.

Enfin bref, ça devrait être une décision qui revient au parent et non à l’école de faire du patin. Il arrive que l’école offre le choix de ne pas patiner mais alors, c’est ordinaire pour son enfant qui risque d’être le seul à ne pas avoir de patins. L’école ne devrait pas placer les parents dans une situation aussi inconvenante.

Que ce soit clair, il y a trop de frais et d’imprévus liés à cette activité. Les enfants aiment faire du patin mais avant de pouvoir en faire, il faut pratiquer et ce n’est pas en une heure qu’on acquiert l’équilibre nécessaire pour vraiment s’adonner au sport.

On donne une étoile à l’école qui impose cette activité parce qu’elle le fait probablement de bonne foi mais d’un autre côté, on enlève au moins cinq étoiles pour le coût, les désagréments et les dangers liés à celle-ci.

Pour toutes ces raisons, on devrait favoriser le hockey-bottines plutôt que le hockey-patins dans les écoles primaires du Québec.

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