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Le crédit à la consommation, au Canada, a tout pour rendre nerveux.

On y retrouve des institutions financières qui ont déjà adopté des pratiques d’affaires plus transparentes et d’autres qui continuent d’arnaquer leurs “clients” sur une base quotidienne.

Les clients ont donc intérêt, lorsque c’est possible, à magasiner leur institution financière avant de se faire émettre une carte via laquelle leur endettement croîtra plus ou moins vite, selon les règles de calcul des intérêts dus ainsi qu’un myriade d’autres conditions, plus ou moins bien explicitées, lors de la présentation du “produit”.

Avec des taux d’intérêts totalement irréalistes comme 28,8%, les cartes de crédit des grands magasins (dont la propriété est généralement étrangère), c’est normal que le ministre des Finances, Jim Flaherty, veuille faire du ménage dans ce segment à forte croissance, dans le secteur bancaire.

Les gens s’endettent plus vite que jamais et se sortir de l’endettement doit souvent faire appel à des efforts surhumains et ce, durant de nombreuses années.

Voici quelques-unes des propositions (aujourd’hui adoptées) du ministre Flaherty:

  • délais de grâce de 21 jours, sans intérêts;
  • obtention du consentement explicite des détenteurs de carte avant de hausser la limite de crédit;
  • aucun frais de dépassement de limite de crédit lorsque le dépassement est dû uniquement aux montants retenus par les commerçants;
  • présentation claire de tous les renseignements importants dans le contrat de crédit.

On sent une réelle volonté, de la part des Conservateurs, de clarifier les règles liées au crédit à la consommation et s’ils y parviennent, ce sera pour le mieux.

Ceci dit, c’est trop peu pour freiner la proverbiale épidémie d’endettement personnel qui menace de déstabiliser de manière importante l’économie canadienne.

Le crédit facile fonctionne bien pendant un temps mais très rapidement, il mène à l’endettement et contribue aussi à nourrir l’inflation en plus d’appauvrir tous les citoyens (en augmentant la quantité d’argent en circulation).

Jim Flaherty aurait aussi pu abaisser le taux légal de 60% à partir duquel un prêt est considéré porter un intérêt usuraire. Dans les faits, un taux d’intérêt de plus de 10% pourrait être considéré usuraire parce que le “coût de l’argent” pour les institutions financières, à la Banque du Canada, ne se situe qu’à 0,25%.

Autrement dit, lorsque Desjardins prête 1$ (qui n’est pas payé, après 1 an) via une carte de crédit VISA Modulo, qui porte un intérêt de 9,9%, elle aura récolté 40 fois plus d’intérêt que ce qu’il lui en a coûté pour “acquérir” ce 1$. Considérant que c’est la carte de crédit la plus abordable, sur le marché actuel, ça en dit long.

Les citoyens peuvent encore s’adresser à Jim Flaherty pour exiger qu’il protège mieux les citoyens canadiens qui, lorsqu’ils cumulent des dettes étouffantes, n’ont plus aucune marge de manœuvre et sont tellement désemparés qu’ils considèrent parfois le suicide pour échapper à cette forme pernicieuse de torture psychologique et sociale.

Avec des cas aussi épouvantables que celui de la famille de Marc Laliberté et de Cathie Gauthier de Saguenay, qui a tué ses trois enfants pour échapper à l’humiliation de l’endettement, on voit que la réforme du crédit devrait contenir une volet social beaucoup plus musclé pour protéger les individus et non les institutions financières qui, sans faire de bruit, profitent de conditions incroyablement avantageuses pour “accéder” à l’argent qu’elle prêtent ensuite à de forts taux d’intérêts.

Dans les faits, Marc Laliberté et ses enfants Joëlle, 12 ans, Marc-Ange, 7 ans, et Louis-Philippe, 4 ans sont morts en bonne partie à cause du système d’endettement entretenu par les institutions financières qui ont du sang sur les mains mais qui manœuvrent pour ne pas que les citoyens s’en rendent compte.

L’endettement tue les gens et brise notre société.

Le mieux serait de créer des coopératives de microcrédit administrées directement par les citoyens mais voilà, le ministre Jim Flaherty qui s’entend bien avec l’oligopole bancaire canadien n’a probablement pas le goût de déplaire à ses “amis” où il ira sans doute “travailler”, une fois son mandat terminé, en politique.

Est-ce que vous croyez que le crédit à la consommation a simplement besoin d’être plus clair ou encore, est-ce qu’il aurait besoin d’une importante refonte qui placerait le citoyen en tête de toutes les “priorités”?

Même si le ministre Flaherty a fait adopter ses changements, les Canadiens s’endettent plus vite que jamais et les conséquences, plus ou moins apparentes, causent des torts irréparables à presque tous les niveaux de notre société.

Il faut saluer le fait que Jim Flaherty veuille plus de clarté mais si c’est là son œuvre politique, elle ne changera à peu près rien à la tragédie de l’endettement qui touche presque tous les Canadiens.

Tags: endettement, dettes, règlements, jim flaherty, ministre des finances, canada, parlement, crédit, cartes de crédit, institutions financières, banque du canada, argent, taux d’intérêt

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