Le problème structurel de l'assurance-emploi

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Déjà qu’il soit difficile d’avoir des réponses à l’assurance-emploi, il y a un problème encore plus important avec l’assurance-emploi, au Canada.

Tout travailleur canadien qui a perdu son emploi et qui a eu à devoir sauter dans les cerceaux de l’Emploi et développement social Canada (EDSC) le sait, c’est presqu’un travail à plein temps que de chercher un nouvel emploi tout en satisfaisant aux exigences de suivi de l’EDSC.

Typiquement, le travailleur qui vient de perdre son emploi est déstabilisé.

Juste ça, c’est énorme.

Fini le salaire “normal” aux 2 semaines. Finie la routine du métro-boulot-dodo. Désormais, c’est une nouvelle routine qui doit se mettre en place, malgré le traumatisme (petit ou grand mais presque toujours présent) d’avoir perdu son emploi.

À l’épreuve financière d’une perte d’emploi s’ajoutent les émotions qui tourbillonnent et pas forcément dans le bon sens.

Le travailleur devenu chômeur, au plan technique (une fois son enregistrement à l’assurance-emploi réussi), doit rapidement se redéfinir, financièrement, psychologiquement et même, socialement.

De membre productif de la société, du point de vue purement économique, le travailleur devient prestataire de l’assurance pour laquelle il a contribué, tout le temps où il travaillé. C’est son assurance et il y a bien sûr droit mais il y a cette inquiétante sensation que les semaines de chômage ne seront pas assez longues pour se replacer dans un autre emploi “intéressant”.

Le stress varie d’une personne à l’autre mais généralement, c’est majeur.

Et à ce moment précis, arrive le mécanisme de l’assurance-chômage qui limite structurellement la capacité du travailleur à reprendre son air d’allée.

Voici pourquoi.

En temps normal, un travailleur tente de gagner autant d’argent que possible. Négociation salariale en vue d’une hausse, demande de boni de performance, heures supplémentaires, second travail ou hobby transformé en source de revenus, toutes les options sont bonnes à envisager lorsqu’on est “hors-chômage” mais à la seconde où ce même travailleur enregistre sa demande pour recevoir ses prestations d’assurance-emploi, en guise de soutien, pendant sa période de chômage, là, tout revenu supplémentaire qu’il pourrait générer doit être déclaré et celui-ci engendrera une baisse du prochain chèque d’assurance-chômage.

Techniquement, ça tient la route.

Après tout, si un travailleur a des revenus, il doit les déclarer et donc, il n’aura pas besoin du même niveau d’aide du chômage.

En effet, c’est logique.

Mais…

Oh! Il y a un très gros “mais”, ici et personne n’en parle ou alors, pas assez et ça a tout à voir avec ce qui a été expliqué plus haut à propos de l’énorme choc financier et émotionnel relié à la perte d’un emploi.

Même sans emploi, les coûts “usuels” de la vie courante restent exactement les mêmes. Ce n’est pas parce que le salaire par semaine passe de 800$ à 480$ que le loyer, l’épicerie, le paiement d’auto, les assurances, l’électricité et toutes les autres dépenses baissent en proportion. Oh! Que non! Les dépenses continuent comme à la “normale” mais ce sont les revenus qui viennent de prendre une solide débarque (et le 480$ par semaine, dans l’exemple, c’est dans un cas “plus favorable”).

Imaginez la détresse, pour tout travailleur devenu chômeur, de devoir affronter une réalité impitoyable et EN PLUS devoir déclarer chaque cenne DE PLUS gagnée pendant son chômage… comme s’il était en train de filer le parfait bonheur financier et que chaque cenne qu’il gagnait était un Louis d’or de plus sur son immense pile, comme dans les bandes dessinées de Picsou, à l’époque, quand il plongeait dans la piscine de pièces, dans son immense coffre-fort où Donald n’avait, évidemment, pas le droit de se servir, malgré sa relative pauvreté systémique. Enfin bref, les chômeurs ont un gigantesque incitatif à NE PAS GAGNER un revenu, pendant qu’ils reçoivent leurs prestations de chômage.

Déjà que c’est un emmerdement sans fin de “calculer” très exactement le montant qui doit être enlevé de la prestation d’assurance-emploi en regard du montant gagné et le moment exact où celui-ci a été reçu et donc, devant être déclaré… vous voyez le capharnaüm!

Devant l’évidente complexité de la manoeuvre, des millions de Canadiens devant faire face au chômage misent tout sur leur prochain emploi, plus difficile à obtenir parce que devant être “parfait”, en quelque sorte (celui qui sera occupé pour de nombreuses années à venir), au lieu de continuer à être actif pour gagner d’autres revenus, peut être moins stables mais plus immédiats, ce qui, dans plusieurs cas, pourrait engendrer d’autres opportunités, certes mais surtout, ça aiderait les chômeurs à se sentir davantage “travailleurs” et donc, ce serait aussi bon psychologiquement que financièrement. Et de savoir que le prochain versement en provenance de l’assurance-emploi ne sera pas amputé ajouterait à l’air d’allée. Mais ce n’est pas le cas. Alors, les travailleurs frappent un mur, en quelque sorte.

Les travailleurs ont besoin de fluidité et le chômage fait dans la grosse friction

On parle de friction, pas de “fiction”, comme dans Star Wars!

Cette friction, si souvent associée aux programmes gouvernementaux, froids, techniquement fonctionnels et cohérents mais tellement inhumains et frustrants.

Le chômage devrait être un moment d’accélération, pour un travailleur qui vient de perdre son emploi. Comme lorsqu’on se noie, il faut se battre pour sa vie. En emploi, c’est presque la même logique de “survie” (à part le fait que ça ne mène pas aussi directement à la mort… mais ça peut, malheureusement). Alors, pourquoi le gouvernement du Canada, censé servir les Canadiens, met-il autant de règles contre-productives contre ses chômeurs qui veulent réussir? Pour collecter une pitance (de plus) en impôts? Pour “décourager” les fraudeurs (qui fraudent qu’importe le système en place, en passant)? Poser la question, c’est plus pour la forme qu’autre chose parce qu’aucun élu ne veut s’aventurer sur le terrain glissant de l’assurance-emploi où les travailleurs paient 100% de la facture mais décident 0% des règles… c’est d’ailleurs assurément ce qui explique que ce soit géré comme chemin de croix et non une piste de décollage, pour un nouvel élan de carrière, pour faire image.

Autrement dit, les chômeurs ne devraient pas faire face à la friction du barrage de règles (difficiles à comprendre par les travailleurs et à gérer pour les fonctionnaires) mais à la fluidité d’un revenu assuré pendant le nombre de semaines convenu, comme une “base de subsistance”, qui sert de tremplin pour engranger d’autres revenus, fussent-ils de courte durée, afin de souffrir le moins possible de leur perte d’emploi.

La société canadienne dans son ensemble a tout à gagner à transformer le chômage vers un passage fluide plutôt que l’inverse (ce qu’il est, en ce moment).

Plus nos chômeurs ont d’incitatifs à travailler, plus ils trouveront le moyen de travailler.

Le système actuel du chômage semble faire tout en son possible pour PÉNALISER les travailleurs en chômage qui veulent améliorer leur sort, avec un petit boulot ou un complément temporaire de revenu, le temps de trouver “la” job qui leur permettra de reprendre leur vitesse de croisière, au plan professionnel.

Plus nous attendons, plus les chômeurs souffrent, inutilement.

Les prestations de chômage sont basses mais lorsque les chèques de paie cessent d’arriver dans le compte de banque du travailleur, ça devient une ligne de vie qui pousse un grand nombre de Canadiens à tomber en “mode de survie”, ce qui les incite à ne pas “perturber” les règles menant aux versements de leur nouvelle pitance, pour ainsi dire, de peur de la perdre (même si c’est peu, c’est potentiellement catastrophique).

Comme dans toutes les situations où la peur s’installe, les gens paralysent et souffrent du niveau rehaussé de stress, directement lié à leur nouvelle condition de chômeur.

Le gouvernement du Canada sert très mal les Canadiens en multipliant les règles “pro-friction” au lieu de fluidifier le processus ayant trait au chômage.

Comme nos élus sont les seuls à pouvoir améliorer notre assurance-emploi, il vous appartient de les contacter pour leur demander de lire ce billet et d’agir, dans le sens du meilleur intérêt des travailleurs qui veulent un épisode de chômage fluide, enrichissant et fondamentalement motivant, dans tous les sens du terme.

À votre niveau, comprenez que la mécanique actuelle du chômage peut vous toucher, vous ou des gens que vous connaissez et ce, à tout moment. Il est irresponsable de continuer à opérer un système qui engendre autant de friction et il faut que ça change, dans le sens d’une fluidité aussi exemplaire que possible.

C’est donc là le problème structurel de l’assurance-emploi mais aussi, certaines idées pour corriger le tir, dans le meilleur intérêt des Canadiens.

Claude Gélinas

Claude Gélinas

Expert du web et des médias sociaux

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