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Les jeux olympiques d’hiver 2018 tenus à Pyeongchang, en Corée du Sud, se sont terminés le dimanche 25 février avec une cérémonie qui se voulait grandiose mais qui était aussi insipide que l’essentiel de l’évènement qui avait débuté, un peu dans l’indifférence, le 9 février.

En tout, 16 jours de célébrations et de compétitions sportives (7 sports, 15 disciplines sportives) pour permettre à de jeunes athlètes provenant de 93 pays de s’affronter dans le contexte hivernale d’une petite ville de montagne que personne (ou presque personne) ne connaissait.

Au-delà du constat que c’était un spectacle mortellement ennuyant, les organisateurs coréens ont semblé incapables de donner suffisamment de prestance à l’évènement pour qu’il devienne plus intéressant à suivre.

Pour la pub

Avec nos fonds publics qui ont payé pour les centaines d’employés de Radio-Canada (aussi bien les réseaux français qu’anglais, avec la CBC) qui se sont fait nos yeux et nos oreilles à Pyeongchang, on comprenait que tout ce beaux monde allaient sur place pour nous synthétiser une partie du “divertissement” afin que les annonceurs puissent profiter de notre attention. Oui, encore une fois, on a compris que les “jeux olympiques” sont une très, très grosse entreprise qui vend sa visibilité à de riches transnationales.

Les “fans” des JO-2018 étaient donc alimentés en images et en nouvelles afin que Nike et McDonald’s puissent redorer un peu leur image en s’associant à l’idéal olympique. Déjà qu’il y  un gros malaise à devoir se laisser convaincre de ce rapprochement ultra-douteux, on sait qu’au fond, ces “jeux” ne servent qu’à pousser des produits et des services.

La gloire olympique ne dure que le temps des “hourra” mais les “jeux”, c’est d’abord et avant tout le “party” des transnationales qui enrichissent le CIO à coups de milliards (incluant les droits d’association, comme avec Radio-Canada où nos deniers publics on enrichi Thomas Bach qui est président du Comité international olympique (CIO), depuis 2013) avec des rivières de publicités, toutes plus vides de sens, les unes que les autres.

On comprend donc que la couverture superficielle des JO est suffisante pour livrer toute cette pub, à travers le monde, via les “réseaux affiliés”. Et qu’importe que McDonald’s vende une nourriture proscrite pour l’essentiel des athlètes, l’idée c’est convaincre les esprits naïfs (ceux qui gravitent vers le “spectacle superficiel”) que d’aller se taper un “burger”, c’est un peu faire rayonner “l’esprit sportif des Olympiques”… à vomir.

Le CIO devrait appeler son évènement “jeux de la pub gnan-gnan” et ce serait pas mal plus descriptif.

Les pauvres jeunes athlètes

Parce que le CIO insiste pour dire que leurs JO sont des “jeux amateurs” et non des “jeux professionnels”, les athlètes ne sont pas payés.

Même si le CIO encaisse des milliards de dollars et que la quasi-totalité du spectacle est offert par les jeunes athlètes qui passent des années à s’entrainer, ceux-ci ne reçoivent rien, du CIO (à part une médaille, s’ils gagnent).

C’est scandaleux.

Il y a bien quelques Michael Phelps (États-Unis) qui font des dizaines de millions en commandites après avoir gagné leurs médailles mais pour la grande majorité des athlètes, il n’y a qu’un banal retour au pays et un retour à leur vie, en attente de leur prochaine compétition.

Et même dans le cas de Phelps, ce n’est pas le CIO qui lui a versé une cenne noire mais bien les annonceurs (comme McDonald’s, justement) qui ont insisté pour capitaliser, un peu plus longtemps, sur son image de sportif surdoué.

Ajoutons aussi que nos fonds publics contribuent largement, aussi, à maintenir un “programme olympique canadien” pour aider nos jeunes athlètes “à se développer” afin qu’ils aillent se donner, gratuitement, aux JO du CIO. C’est comme si le gouvernement agissait comme un souteneur pour le bénéfice de l’organisation suisse. On fournit les athlètes et ils ramassent le pactole… et ne le partagent pas. Pire, ils nous facturent des sommes folles pour qu’on ait “le droit” de mentionner le vocable “jeux olympiques” à Radio-Canada (c’est d’ailleurs pourquoi TVA n’en a pas beaucoup parlé… même à TVA “Sports”).

Enfin bref, des milliardaires suisses qui empochent des milliards et qui ne versent absolument rien aux athlètes qui leurs permettent de s’empiffrer dans des piscines de fric, si vous ne trouvez pas ça odieux, c’est que vous travaillez pour le CIO et vous faites partie de cette cabale reconnue pour sa porosité aux pots-de-vin et historiquement pointés du doigt pour leurs manoeuvres “anti-sportives”!

Qui plus est, le CIO est une organisation opaque alors clairement, on ne sait pas tout.

Et le public qui paie

Oui, encore et encore, c’est le public qui paie la note. Ici, au Canada, via les “droits” et nos subsides pour nos athlètes et ailleurs, dans 92 autres pays, incluant en Corée du Sud, où le gouvernement a dû payer pour de coûteuses installations dont ils n’avaient pas vraiment besoin.

Les Sud-coréens ont aussi dû payer la note pour la tenue des jeux, à proprement parler. Pour accueillir des dignitaires, pour les divertir et les rassurer d’avoir choisi leur coin du monde pour tenir ce “happening sportif”.

Enfin bref, les transnationales qui paient le CIO récupèrent leur mise en vendant leurs produits et services mais le public, lui, perd sur toute la ligne, à part pour les quelques moments de plaisir qui peuvent découler d’une victoire ou d’un exploit sportif, hors du commun.

C’était particulièrement intéressant de voir tous ces sièges vides, à Pyeongchang, lors des compétitions. Clairement, les Sud-coréens n’ont rien à faire des jeux ou encore, n’ont même pas les moyens de payer les prix indécents des billets. Dans un cas comme dans l’autre, ils vont quand même se trouver à payer pour “la gloire passagère des jeux”… et leurs enfants aussi, grâce au service des dettes qui dureront des décennies.

Alors voilà, autant j’ai déjà été heureux d’encourager nos athlètes, autant le CIO m’a complètement dégoûter de sa livraison des jeux dits olympiques.

Plus que jamais, les Olympiques sont un modèle d’exploitation. Le jupon dépasse, beaucoup!

Je demeure admiratif devant les performances des athlètes de tous les pays mais je ne suis plus capable de me faire bourrer par la version des “jeux”, tels que présentée par le CIO. Une livraison ultra-commerciale qui exploite les athlètes et qui endette le public, partout où ces beaux-parleurs suisses passent.

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