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L’espace d’un instant, probablement en rêve lucide, il est facile de concevoir une pratique plus inclusive de la politique où les bonnes idées des uns sont reprises par les autres plutôt que copiées puis reprises, avec des variantes.

En travaillant ensemble, on rencontre plus de résistance (via le choc inévitable des diverses positions idéologiques et stratégiques) mais au final, on se donne les moyens de faire rayonner les meilleures idées sans forcément les dénaturer.

Cette approche systématise la réelle recherche de consensus, en quelque sorte.

C’est ambitieux de rêver à plus de collégialité dans le modèle politique actuel où la partisanerie devient une sorte de sac fourre-tout pour faire passer en douce des demandes de l’Establishment (comme le forage du sous-sol québécois, dans la vallée du St-Laurent, pour extraire du gaz de schiste polluant) dans des “projets de loi omnibus” qui annoncent des mesures populaires (comme “la défense de l’environnement”).

La ligne de parti qui détruit la démocratie

Avec leur ligne de parti, les députés élus sous la bannière de leur parti politique doivent tourner le dos aux désirs de leurs concitoyens (qu’ils sont censés représenter) afin de voter selon la volonté de leur chef de formation politique qui, lui, a divers moyens à sa disposition pour récompenser les députés obéissants et punir ceux qui auraient la mauvaise idée de suivre la volonté de leurs concitoyens… ou pire, la leur.

Cette mentalité dominant-dominé entre le chef du parti politique et ses députés sert bien le chef mais détruit la relation de confiance qui aurait pu émerger, au fil du temps, entre le député et ses concitoyens.

Les Québécois voient clair dans le jeu des partis politiques qui célèbrent la démocratie représentative (par opposition à la démocratie directe, ou “pure”). Les électeurs québécois comprennent qu’ils vont aux urnes 1 fois aux 4 ans pour voter pour un député, lui donnant la légitimité légale et publique pour prendre les décisions “au nom de ses concitoyens” pour… 4 ans.

Voilà 4 longues années où les citoyens n’ont plus le droit de vote.

Ou de parole, sinon par la bouche de leur député.

Une fois rendu à l’Assemblée nationale, chaque député doit rentrer dans le rang de sa formation politique, sous peine d’enfreindre la “ligne de parti” qu’aura tracée le chef de “sa” formation politique.

Ainsi, la démocratie représentative fait 2 choses:

  • Elle muselle les citoyens pour 4 ans; et
  • Elle enferme le député dans la “ligne de parti”, pour 4 ans.

Alors si les citoyens et leurs députés sont pris dans un piège qui les exclut du réel processus décisionnel des politiques publiques, qui décide?

Ah! Voilà la bonne question.

Qui décide?

L’Establishment

C’est là qu’on revient sur le mot “establishment” qui, en anglais, signifie (en gros) la “fondation d’une structure”. Dans le cas de l’Establishment (avec un “E” majuscule puisqu’il s’agit d’une entité, à géométrie variable et souvent opaque mais une entité quand même), il s’agit d’une structure qui traverse les “épisodes politiques” sans être ébranlée.

Qu’il s’agisse d’un régime politique libéral, péquiste, conservateur ou néolibéral, l’Establishment impose son agenda de consolidation de son pouvoir, qu’importe le prix à payer par les citoyens.

C’est pour ça que l’Establishment agit contre les intérêts des Québécois.

L’Establishment voit à son propre bien, pendant les 4 années (typiques) d’un cycle politique.

Dans l’idée de l’Establishment, c’est bien plus efficace de laisser “la plèbe” voter 1 fois aux 4 ans pour ensuite les écarter du pouvoir afin de tout décider, pendant 4 ans.

Que ce soit via l’influence de l’argent et de la promesse (souvent empoisonnée et socialement contre-productive) de “créer des emplois” (habituellement créés via des jeux de subventions, avec de l’argent public, de toute façon), via les lobbys d’intérêts privés ou des groupes de pression idéologiquement monochromes, les rivières d’argent de l’Establishment servent à vampiriser le peuple Québécois.

L’idée maîtresse de l’Establishment, en matière de politiques publiques est de centraliser les profits (entre leurs griffes) et socialiser les pertes (via des dettes publiques monstrueuses qui s’ajoutent au fardeau du “peuple”).

Grâce au jeu pervers des scrutins aux 4 ans, l’Establishment s’assure d’une “excellente écoute” dans le bureau du chef du gouvernement qui, lui, enfoncera “son idée” (lire: celle désirée par l’Establishment) dans la gorge de ses députés qui, à leur tour, devront chanter le même refrain même si leurs concitoyens manifestent clairement leur mécontentement.

Les députés devront rivaliser d’ingéniosité et faire mourir leur propre bon jugement pour devenir des carriéristes politiques qui se bouchent le nez afin de faire reluire les passes-passes de l’Establishment, pour leur enrichissement unilatéral, aux dépens de la collectivité.

Les députés

Oubliez votre député, à part pour de l’aide avec des tracasseries administratives de base (avec lesquelles ils peuvent aider, pour vrai).

Votre député “en poste” devient un “yes man”.

Homme ou femme, votre député ne sert qu’à faire écho aux idées du chef de sa formation politique.

Votre député comprend vite le jeu, à savoir qu’en ne faisant pas de vagues et en avalisant les “politiques publiques” désirées par l’Establishment, il y a des avantages à la clé:

  • Un excellent salaire, en tant que député;
  • Des bonifications de salaire pour “siéger” sur une quirielle de comités;
  • D’autre bonifications, parfois sous forme de responsabilités et de luxueux voyages associés à diverses “représentations” parlementaires (francophonie, Davos, Bilderberg et tant d’autres);
  • Une très généreuse pension À VIE après 8 ans, dans le rôle de député;
  • Une vie professionnelle payante après un “service conforme aux désirs du chef” après le passage en politique, en tant que député. Via les organismes publics où des postes prestigieux sont entretenus ou dans le public, pour avancer les intérêts de l’Establishment.

Le député pense à sa poche.

Entre les récriminations de ses concitoyens (habituellement justifiées) et ses avantages personnels, son choix est facile à faire.

Certes, le député comprend qu’il renonce à son propre bon jugement et à ce qui l’a motivé à entrer en politique (habituellement le service public) mais en se conformant à la ligne de parti, avec tout ce que ça comporte de malveillance, il rejoint le club sombre de l’Establishment, en tant que rouage parlementaire.

Certains députés meurent, rongés par le cancer et les conflits intérieurs qui ont brûlé ce qui restait de leur intégrité morale. La manifestation physique de ce mal intérieur pouvant varier, la politique est un endroit où des personnes avec de bonnes intentions réalisent vite qu’ils seront un engrenage obéissant ou ils ne seront rien, sinon un rebel qui sera graduellement peinturé dans un coin et rappelé à l’ordre pour qu’il “rentre dans le rang” et suive la ligne de parti. S’il ne le fait pas, il sera remplacé par quelqu’un de plus… motivé.

Il y a donc encore des députés qui se rebellent mais comme l’Establishment contrôle tous les “grands médias” et qu’ils ont “quelque chose” sur à peu près tout le monde, les citoyens conscients de l’ampleur de la fiction qui nous est dépeinte comme étant une “vérité” voient clair dans le jeu de l’Establishment mais les autres citoyens qui croient en cette “fiction officielle”, eux, n’y voient que du feu et embarquent dans le mensonge officiel de l’Establishment, propulsé par ses médias.

Ah! Les “grands médias”…

Ils sont essentiels à la mission d’enrichissement unilatéral de l’Establishment.

D’abord en contrôlant le message puis, en contrôlant le débit des messages.

Par exemple, en traitant d’une vérité mais en y attachant tous les sous-entendus nécessaires pour cacher la main invisible de l’Establishment tout en avançant l’agenda vampirique décrit ci-haut.

Côté débit, vous le voyez, une “nouvelle” n’est JAMAIS traitée en profondeur et dure à peine 24 ou 48 heures. Quand une “nouvelle” dure plus longtemps, elle sert à en masquer d’autres ou à détourner l’attention du public (pendant que les “vraies affaires” ont lieu, hors du champ d’intérêt-du-jour du grand public).

C’est d’une efficacité spectaculaire.

Et si un média dit alternatif sort une véritable nouvelle qui attaque l’Establishment, d’une manière ou d’une autre, des trolls de l’Establishment reviennent toujours avec le narratif de la crédibilité.

En filigrane de tous leurs messages, c’est leur ligne narrative qui dénonce le message alternatif car les “grands médias”, eux, du haut de leur sacro-sainte sanctitude, n’ont même pas cru bon aborder la chose.

Vous connaissez la chanson.

Et pourtant…

Des millions de Québécois tombent dans ce piège, à chaque jour.

Le parcours du Québécois choqué

C’est plutôt simple, le Québécois s’informe dans les “grands médias” contrôlés par l’Establishment alors il a sa dose quotidienne de mauvaises nouvelles (pour avoir le réflexe de s’en remettre à l’Establishment pour “régler” ces “problèmes” trop gros pour être “réglés” seul) et il vit continuellement dans la peur (ce qui le fragilise et le rend facile à manipuler… c’est de la psychologie 101, du “basic”).

Alors les Québécois qui s’abreuvent dans l’auge malpropre des “grands médias” qui sont grassement compensés pour entretenir la “fiction officielle” (bénéficiant invariablement à l’Establishment) n’y voient que du feu.

Ceux qui comprennent un peu mieux les travers systémiques des “grands médias” tentent de trouver refuge dans les médias sociaux, via Facebook, Google+, YouTube ou Twitter. Là, ils trouvent des éléments de vérité mais dès que les trolls localisent ces oasis d’intégrité, ils s’empressent de discréditer le message avec l’approche expliquée plus haut.

Les trolls utilisent donc la dissémination de vérités comme une opportunité supplémentaire de discréditer les messagers de vérités et du même coup, ajouter à l’aura de crédibilité des “grands médias”.

Et encore là, des millions de Québécois tombent dans le piège des trolls de l’Establishment qui n’en finissent jamais de douter, de remettre en question et en gros, de diviser… pour mieux faire régner l’Establishment.

N’essayez même pas de convaincre les millions de Québécois qu’ils se sont graduellement transformés en réceptacles-poubelles des fictions de l’Establishment, au fil du temps. Ils vont répondront qu’ils croient, eux aussi, en ces idées aussi bien subversives que socialement toxiques. Incroyable mais vrai.

Ces citoyens bien intentionnés ont été si bien “programmés” par les médias qu’ils ont fini par croire que cette fiction est “leur fiction”… leur idée!

Oui, c’est dingue mais c’est la réalité.

L’Establishment a fait un usage formidablement efficace de ses médias.

Aujourd’hui, au Québec, si TVA ou Radio-Canada ignore une “nouvelle”, elle n’est pas considérée digne de mention, par l’ensemble des citoyens qui se disent qu’il n’y avait rien d’important, sous le radar des médias.

Pendant ce temps, pendant les 4 années du cycle politique, c’est “business as usual” pour l’Establishment qui dort tranquille pendant que les citoyens sont saignés à blanc.

Bien entendu, ces citoyens saignés à blanc blâmeront les autres. Les “crosseurs du système”, les “politiciens corrompus”, les autres… mais jamais eux-mêmes qui en votant pour un député qui s’inscrit dans la démocratie représentative a permis à l’Establishment d’avoir 67 députés du Parti libéral du Québec à convaincre, via des lobbys et des repas luxueux, pour faire écrire les politiques publiques qu’ils voulaient, à quelques virgules-près.

Y a-t-il une solution?

Bonne nouvelle, la solution passe par l’amour propre de chaque citoyen envers ses propres valeurs morales, ses projets et ses idées.

En s’aimant assez, les citoyens veulent se respecter.

Dès que les citoyens se respectent, ils rejettent la démocratie représentative, comprenant que c’est là le terreau de l’Establishment qui se comporte ensuite comme s’il s’agissait d’une banale dictature… contre le peuple.

Alors, le citoyen nouvellement “allumé” à sa réalité, hors de la fiction de l’Establishment, voudra passer à une démocratie directe (ou démocratie pure) où le peuple reste en contrôle de toutes les grandes décisions, pendant 4 ans.

Oui, la démocratie directe, telle que pratiquée en Suisse ne sera JAMAIS abordée à TVA ou à Radio-Canada à part pour la ridiculiser ou la marginaliser comme un “phénomène régional”.

Pourquoi?

Parce qu’en démocratie directe, l’Establishment doit “convaincre” quelques 8,3 millions de Québécois (un peu moins si on s’en tient à ceux qui votent) au lieu de… 67 députés libéraux… quand ce n’est pas simplement le chef.

Vous voyez l’immense problème pour l’Establishment si la démocratie directe vient à passer?

L’Establishment serait stoppé dans son attaque sauvage et permanente contre le peuple.

Ce serait horrible pour l’establishment.

Comme le vampire soudainement exposé à la lumière du jour.

La démocratie directe remet le pouvoir entre les mains du peuple. Aussi “direct” que ça.

Le réflexe des députés-élus devient donc de respecter la volonté du peuple, sous peine de se faire démettre, par un simple vote populaire. Ouch. Alors, toutes leurs décisions de “politiques publiques” se mettent soudainement à faire du sens, pour les citoyens (ce qui est rare, en démocratie représentative, comme c’est le cas, en ce moment).

Les Québécois auront-ils assez d’amour pour eux pour voter pour un parti de démocratie directe?

La question est lancée, à vous d’y répondre.

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