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En collaborant, nous augmentons nos chances de succès.

Sauf de rares exceptions, la collaboration procure des moyens concrets pour réussir là où en l’absence de collaboration, tout semble plus compliqué.

Ainsi, en tant qu’individus et en tant que société, il importe d’accorder une place de choix aux gestes de collaboration afin de simplifier les tâches incombant à tout un chacun.

Ensemble, nous sommes forts mais voilà, entre la société dans son ensemble et le microcosme de l’école, il semble y avoir d’importantes différences.

Dans les écoles du Québec, des voix s’élèvent pour dénoncer le fait qu’au lieu de favoriser la collaboration, plusieurs professeurs agissent de manière contre-productive en récompensant l’individualisme et la compétition entre élèves. Sommes-nous en train d’assister à une attaque en règle contre le réflexe de collaboration, chez l’élève? La question se pose.

Un exemple probant est celui des examens où chaque élève est laissé à lui-même. C’est une expérience traumatisante pour plusieurs élèves parce qu’au fond, c’est chacun pour soi et alors qu’un peu de collaboration aurait pu aider à dénouer des impasses généralement liées à la compréhension-même du libellé des questions de l’examen, le simple fait de chercher la collaboration d’un autre élève est alors bêtement qualifié de tricherie!

Si le but de l’examen est de vérifier le niveau de connaissances, tricher est formellement défendu —et avec raison— mais le fondement du nouveau programme éducatif du Québec va dans le sens de développer des compétences (et non-plus de transmettre des connaissances, comme auparavant) alors pourquoi ne pas éliminer la tricherie pour la remplacer par des protocoles de collaboration? Ça aiderait à développer les compétences de collaboration, chez les élèves et ça permettrait aussi d’augmenter les résultats, lors des examens puisqu’il y aurait une puissante dynamique de groupe qui pourrait faire face à des problèmes plus complexes… et l’expérience de collaboration, en soi, aurait des mérites qui dépasseraient la simple découverte d’une solution. La recherche de solution deviendrait l’apprentissage!

Autrement dit, la manière dont on enseigne a changé alors il faudrait revisiter notre relation avec la collaboration, en classe. Lors des travaux d’équipe, des présentations et des examens, il serait probablement bénéfique de valoriser les efforts collaboratifs ayant lieu, entre les élèves et aussi, avec le professeur.

Collaborer, en milieu scolaire, ne veut pas dire donner des réponses pour éviter les efforts. Au contraire, les efforts ont toujours cours dans un milieu collaboratif. C’est simplement que l’accent est mis sur la recherche créative de solutions plutôt que sur les “peines” liées à la tricherie, un concept qui n’existe plus de la même façon, une fois l’école terminée.

Et pour cause, devenus adultes, deux employés qui garderaient jalousement leurs conclusions pour eux-mêmes (comme pendant un examen, lorsqu’ils fréquentaient l’école), seraient accusés de refus de collaboration, ce qui aurait un impact très négatif sur la capacité de l’entrprise à relever des défis et à innover, pour survivre.

Le nouveau programme éducatif du Québec dit vouloir développer les compétences des élèves alors il va falloir se demander s’il ne serait pas temps d’actualiser le volet collaboratif de l’expérience académique et ce, à tous les niveaux, de la maternelle à l’université.

Imaginez un Québec où la collaboration entre tout le monde est réellement valorisée et où l’on enseigne, à l’école, des moyens efficaces pour collaborer et faire gagner tous les participants qui ont à cœur leur propre réussite, en même temps que celle de leur voisin! Ce serait un Québec beaucoup plus inclusif, créatif et innovant dans lequel nous vivrions. Et tout le monde y trouverait son compte.

Il appartient donc aux élèves, aux professeurs et plus que tout, aux parents d’exiger une collaboration plus évoluée, en milieu scolaire.

Si nous voulons bâtir un Québec à l’image de nos valeurs, il va falloir que l’école trouve le moyen de s’ajuster en faisant un usage beaucoup plus évolué des infinies possibilités de collaboration.

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