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Le Consortium international des journalistes d’enquête (ICIJ) a reçu plusieurs millions de documents confidentiels qui ont été partagés avec plus de 370 journalistes de 76 pays.

Ceux-ci, dont les membres de l’émission Enquête, de Radio-Canada et le TorontoStar, ont collaboré à cette vaste enquête surnommée “Panama Papers“.

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Selon Frederik Obermaier, un des journalistes allemands au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui a obtenu les données, il s’agit de “la plus grosse fuite de l’histoire“.

Toujours selon le journaliste allemand, “On y trouve non seulement des gens qui font de l’évasion fiscale, mais aussi des criminels tentant de dissimuler leurs crimes, des dictateurs et des autocrates transférant des fonds publics à l’étranger et des collectionneurs d’art cherchant à camoufler la propriété de certains tableaux”.

Cette fuite de données provient d’un des plus importants fournisseurs de sociétés-écrans au monde, le cabinet panaméen Mossack Fonseca.

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On imagine déjà les riches canadiens qui lisent cet article être en train de rayer cette firme de leur petit carnet noir de “bons contacts”. D’autre qui s’y connaissent moins mais qui veulent échapper au fisc se mettront à chercher à propos de ce cabinet pour comprendre leurs méthodes. À chacun sa façon de réagir à cette fuite.

Dans les “Panama Papers’, on trouve des courriels, des certificats d’incorporation et des transactions bancaires allant de 1977 jusqu’au mois de décembre 2015. Une mine d’or pour quiconque veut enquêter sur les agissements de ceux qui utilisent ces véhicules financiers.

Un peu pêle-mêle, on y trouve un assortiment de clients canadiens dont des avocats, des dirigeants de sociétés minières et pétrolières, des entrepreneurs et même plusieurs fraudeurs.

Est-ce que le fisc canadien va s’y intéresser?

Si vous voulez mieux comprendre le fonctionnement des paradis fiscaux, voici une vid.o explicative très visuelle (en anglais), mis en ligne par l’ICIJ:

Rappelons que l’utilisation de paradis fiscaux n’est pas illégale en soi et peut être effectuée à des fins légitimes. Ceci dit, les données démontrent qu’ils sont encore utilisés par certains comme paravent pour dissimuler des activités illicites.

Gabriel Zucman, un économiste à l’Université de la Californie à Berkeley déclare que “Ces révélations montrent comment des pratiques néfastes et la criminalité sont profondément ancrées dans le monde des paradis fiscaux”. Ce serait, selon lui, un bon moment pour les gouvernements d’imposer des sanctions contre les juridictions et les institutions qui rendent ces pratiques possibles.

Pour y voir plus clair, voici une vidéo explicative, en anglais:

On comprend que ces paradis fiscaux “offshore” ont des effets catastrophiques sur des populations entières et même, le monde.

En cachant des actifs financiers via des sociétés écran, la fraude financière rampante via les paradis fiscaux enrichit les riches et appauvrit les pauvres. C’est une des raisons qui devrait motiver les populations du monde entier à se soulever contre les paradis fiscaux.

Les ultra-riches en profitent pour se soustraire à leurs obligations financières nationales et les pauvres en souffrent, épouvantablement.

Voici ce que pense Alain Denault de cette fuite:

TOUT ÇA explique les budgets d’austérité que les gouvernements, année après année, font subir à leurs populations.

Pourquoi est-ce qu’on attend un autobus à -30 pendant 40 minutes?

Pourquoi on attend à l’hôpital une intervention chirurgicale qui ne vient jamais alors qu’elle est urgente?

Pourquoi est-ce qu’on a moins de soutien pour les élèves en difficulté dans les écoles?

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Ben c’est en raison de l’évasion fiscale que rendent possible les paradis fiscaux avec la complaisance des États!

Alain Denault ajoute aussi, à propos du Panama:

Vous savez, par exemple, le Canada a signé un accord de libre échange avec le Panama en 2010.

C’est-à-dire que le Canada a intégré son économie avec celle du Panama.

Avec cette fuite, on a affaire à un barrage de faits qui prouvent, hors de tout doute, qu’il y a une guerre économique profondément vicieuse et malveillante des ultra-riches (et même de plusieurs riches) contre les pauvres.

Pour mieux comprendre la position d’Alain Denault à propos des paradis fiscaux, leur fonctionnement et leur pouvoir grandissant, voici une vidéo très complète:

Sans être toujours illégal, le recours à des comptes dans des paradis fiscaux, via des sociétés-écrans multiples, éparpillées dans plusieurs “juridictions de complaisance” et interconnectées entre-elles de manière parfois très complexe (avec l’usage de holdings et de compagnies à numéros dont les activités sont largement méconnues), on comprend que dans l’ensemble, il s’agit d’activités si immorales qu’elles devraient rapidement être déclarées illégales.

Au Québec et au Canada, tous les citoyens souffrent des effets des paradis fiscaux, à tous les instants de tous les jours.

Nos gouvernements étouffent sous la pression financière pendant que des transnationales étrangères, dont les bureaux sont trop souvent basés dans des paradis fiscaux, prennent nos ressources sans payer leur juste part.

Et c’est bien trop facile.

Aussi bien Revenu Québec que l’Agence du revenu du Canada jouent la carte de la complaisance, de la naïveté et de l’aveuglement volontaire, en ce qui a trait aux paradis fiscaux.

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Comme si nos agences de perception gouvernementales avaient décidé de laisser les ultra-riches éviter de payer leurs taxes et leurs impôts (ou alors, très peu… et ailleurs, dans des paradis fiscaux) pour ensuite se retourner, de manière extrêmement violente vers les contribuables moyens pour les terroriser et leur prendre autant d’argent que possible. Tout ça parce que l’ensemble des citoyens n’a généralement ni les moyens, ni les connaissances pour se défendre contre le fisc.

Avec la fuite de millions de documents provenant de Mossack Fonseca, nos gouvernements n’ont plus d’excuses pour “éviter” de confronter plus de nos très riches canadiens qui ont fait usage d’outils financiers, basés dans des paradis fiscaux.

Notre classe politique reste bien muette, à propos de cette nouvelle pourtant explosive. Ce serait intéressant de comprendre pourquoi ils sont si timides à s’attaquer à la problématique toxique exposée dans les “Panama Papers”.

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