Select Page

 

Le travail prend une place importante dans la vie des adultes faisant partie de la population dite “active”, au Québec et ailleurs, dans le monde.

Avec la venue de nouvelles technologies, notre relation au travail a évolué. Désormais, pour de nombreux types d’emplois de nature administrative, il n’est plus nécessaire de se rendre dans un lieu physique précis pour accomplir son travail. Grâce à ces technologies,justement, notre travail “administratif” peut être complété depuis son domicile, idéalement dans une pièce aménagée à cet effet.

Les bénéfices du télétravail sont nombreux, à savoir:

  1. La fin des transits aux heures de pointe du matin et de la fin de l’après-midi, entre sa résidence et le lieu de travail;
  2. La diminution du stress lié aux déplacements, aussi bien vers le travail que vers tous les autres lieux qui fonctionnent selon des horaires plus ou moins contraignants, comme la garderie et l’école;
  3. L’augmentation de la productivité au travail, via un environnement où les distractions sont moins nombreuses et où l’environnement correspond mieux aux besoins de chacun (en prenant pour acquis une certaine auto-discipline afin de respecter les moments consacrés au télétravail VS les autres moments de la vie “personnelle” et “familiale”);
  4. La montée en flèche du bonheur, spécifiquement lié au travail mais aussi, ce sentiment de légèreté qui semble hors-d’atteinte dans un modèle “maison-travail-obligations” où l’équilibre “famille-travail” est continuellement déstabilisée… donc, des gens (qui sont aussi des “travailleurs”) plus heureux;
  5. Un meilleur contrôle sur sa propre vie, à commencer par les horaires éminemment plus flexibles.

Il y a là des gains pour l’individu, pour la famille, pour l’employeur et pour la société.

Le travail depuis la maison est donc un catalyseur de bénéfices… pour tout le monde. Même les “clients” y gagnent avec des prix (éventuellement) moins élevés et un service plus engagé, soit le résultat d’une diminution des frais de loyer pour l’employeur et du bonheur au travail (à domicile).

Pour que le télétravail soit un succès, il faut considérer les risques suivants:

  1. Le manque d’auto-discipline du télétravaileur;
  2. La distance entre “la direction” et le télétravailleur, ce qui pourrait causer une forme d’isolement progressif pouvant même nuire, dans certains cas, aux possibilités (normales) d’avancement;
  3. La coupure entre le télétravail et la vie, à la maison. Aussi bien pour se concentrer sur son travail durant “les heures d’affaires” que d’arrêter, une fois ces heures terminées;
  4. Les distractions possibles, propres au télétravail (car il y a aussi des distractions, dans un milieu de travail “conventionnel”).

Chaque travailleur a donc avantage à se prendre en main et à offrir le meilleur de lui-même, dans le contexte du télétravail.

En s’auto-disciplinant, le télétravailleur fonctionne mieux, pour lui-même, pour son employeur et pour tous ceux qui dépendent de son travail (par exemple, les fournisseurs ou les clients).

Bien que l’auto-discipline puisse sembler désagréable, elle simplifie tout, en fait. Il faut y voir un nouveau jeu de balises pour les relations de travail qui viennent avec des libertés, certes mais aussi, des responsabilités.

Que ce soit à la maison ou au travail, un employé qui s’auto-responsabilise facilite son propre travail, celui de ses collègues mais aussi, de sa direction. Tout fonctionne de manière fluide lorsque le télétravail est opéré avec sérieux.

Pour les quelques “employés d’exception” qui n’arrivent ni à s’auto-discipliner, ni à s’auto-responsabiliser, dans un contexte moderne de télétravail “administratif”, il y a l’option de les rapatrier dans “le bureau” et y exercer une forme de surveillance qui compense ces manques.

Ça revient donc à du cas par cas, pour les travailleurs incapables de s’adapter au télétravail.

Pas pour tous les travailleurs

En tant que société, nous pouvons favoriser le télétravail sans toutefois en faire un dogme.

Il y a des emplois qui se prêtent mieux au télétravail que d’autres. Pour certains emplois, c’est un volet qui pourra être télétravaillé alors qu’un autre sera accompli “au bureau” ou “chez le client” ou encore, dans un “lieu tiers”. Plusieurs modèles à géométrie variable sont alors possibles.

Tout le monde peut participer au succès de son propre modèle de télétravail et ce faisant, tout devient plus léger et agréable, pour tout le monde. Avec la montée du télétravail, on peut apprécier l’opportunité, pour les travailleurs, de prendre un meilleur contrôle de leur destinée professionnelle et pour les employeurs, une occasion de gérer de manière plus fluide.

Il y aura toujours ces gérants de boutique qui ouvriront physiquement les portes le matin pour les refermer, le soir venu. Et les employés qui viennent servir les clients, sans oublier tous les tiers qui contribuent à la bonne marche de cette boutique. Les lieux physiques (les “destinations”) ne disparaissent donc pas, à l’heure du télétravail. Ils continuent d’exister et de croître mais dans un écosystème de travail où l’on retrouve un nombre important de télétravailleurs.

Structurellement gagnant

Notre endettement publique pèse lourd sur les coûts que doivent assumer nos autorités publiques.

Si les gouvernements doivent continuellement bâtir de nouvelles routes plus larges, c’est pour répondre aux frustrations des centaines de milliers d’automobilistes qui veulent emprunter les mêmes tronçons, aux mêmes heures… en bien trop grand nombre.

Et non, les transports en commun ne règlent pas les problématiques de déplacements (souvent complexes) d’une majorité de travailleurs devant opérer des transits, sur une base quotidienne, en semaine (et pour plusieurs, le week-end, aussi).

Alors il nous faut immédiatement et de manière décisive appuyer la montée du télétravail parce que pour chaque télétravailleur qui n’est pas sur les routes aux heures de pointe, c’est plus fluide pour ceux qui doivent emprunter les tronçons routiers.

Structurellement, avec 10, 20 ou 30% plus de télétravailleurs, nous pourrions économiser des dizaines de milliards de dollars, par année, au Québec. Ce serait la même dynamique d’économie, partout ailleurs, aussi. On pourrait concentrer nos efforts à mieux entretenir les tronçons actuels plutôt que de devoir continuellement élargir ceux-ci pour accommoder les heures de pointe qui plombent les déplacements, surtout en zone urbaine.

Au Québec, chaque télétravailleur engendre des économies telles que nous pourrions réaliser des projets collectifs repoussés depuis trop longtemps parce que nous sommes en quelque sorte forcés (selon la logique de l’élargissement sans fin des routes) de s’endetter annuellement pour entretenir un modèle de travail qui n’est plus en harmonie avec nos capacités technologiques.

Utilisons notre créativité pour donner un nouvel élan au télétravail et récoltons les fruits de cet effort, dès maintenant et pour les décennies à venir.

Pin It on Pinterest