Saga Earl Jones: fin de l’affaire Lands contre Salomon

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Est-ce que vous accepteriez d’entendre les conseils de votre avocat concernant une tierce-partie capable de gérer les fonds provenant d’une succession?

Dans la plupart des cas, la réponse serait oui parce qu’en général, on fait confiance à notre avocat. On attend de lui qu’il ait opéré une forme de vérification diligente avant de livrer ses conseils. Qui plus est, un avocat tente habituellement de voir au meilleur intérêt de son client. Alors oui, on ferait probablement confiance à notre avocat pour trouver la bonne personne capable de placer des sommes importantes reçues dans le cadre d’une succession.

Le problème dans le cas de l’affaire Lands contre Solomon, c’est que la personne choisie pour gérer les fonds de la succession, cette personne recommandée par l’avocat anglophone Kenneth F. Solomon de la firme SKM de Montréal n’était nul autre qu’Earl Jones!

Et oui, bien connu dans la communauté anglophone de Montréal, Earl Jones avait de nombreuses connaissances dans les milieux d’affaires et l’un d’entre-eux était M. Solomon qui avait décidé de le recommander à son client pour que celui économise sur les coûts reliés à l’administration des fonds.

La succession de Ralph Harris a donc suivi le conseil de M. Solomon et deux ans plus tard, lorsqu’Earl Jones a été arrêté, les fonds lui ayant été versés avaient disparu! Oui « disparu »! Il s’agissait d’une police d’assurance-vie de 300,000$ et d’un REÉR de 100,000$… disparus, sans laisser de traces!

Earl Jones venait de faire une autre victime. Au ralenti. Sans faire de bruit… jusqu’au moment où il s’est fait prendre et là, il était devenu clair qu’il n’y avait pas que la succession de Ralph Harris qui avait perdu gros, il y avait environ 125.

La juge Chantal Corriveau a déterminé que même si l’avocat Kenneth F. Salomon avait rencontré Earl Jones plusieurs années avant de le recommander à la succession, à cette époque, M. Jones était bien perçu dans la communauté anglophone de Montréal et donc, M. Salomon ne pouvait pas savoir ce qui allait être révélé suite à l’arrestation de M. Jones.

La bonne foi présumée de M. Salomon a donc prévalu.

La succession n’a cependant pas tout perdu. Celles-ci pourra recouvrer une partie des fonds « disparus » via un versement de 122,582$ provenant d’un recours collectif contre la Banque Royale en lien avec l’affaire Earl Jones. Aussi, une somme de 31,800$ devrait être remis à la succession suite à la faillite d’Earl Jones.

Ces montants représentent moins de la moitié des fonds « disparus » mais bon, vu les circonstances, c’est mieux que rien du tout.

Morale de l’histoire? Même si votre avocat vous recommande quelqu’un pour gérer vos fonds, faites vos propres recherches parce qu’on ne sait jamais vraiment sur qui on peut tomber, malgré toute la bonne foi de l’avocat qui nous conseille.

Claude Gélinas

Claude Gélinas

Expert du web et des médias sociaux

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