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Payez-vous trop d’impôts? Êtes-vous un professionnel ou un travailleur autonome à la recherche d’un nouveau “truc” pour sauver beaucoup d’impôts? Si oui, cet article va vous intéresser.

Depuis des années, on assiste à la montée en force des fameuses “cartes-cadeau”, acceptées dans les magasins qui les émettent comme s’il s’agissait d’argent comptant.

Que vous fréquentiez la SAQ, les Hôtels Fairmont, le réseau Hôtellerie Champêtre, un magasin Best Buy, HomeSense, Sears, Rona ou Jean-Coutu, les stations-services Pétro-Canada, Esso ou Shell, vous serez invités à considérer l’achat de leurs cartes-cadeau.

Bref, le consommateur d’aujourd’hui n’échappe plus au barrage publicitaire censé vous gagner à l’utilité des cartes-cadeau. Ceci dit, il y a encore bien des gens qui se demandent pourquoi ils échangeraient leurs dollars, échangeables partout, pour des cartes-cadeau qui ne sont acceptées que dans des endroits bien précis.

Il s’agit là d’une excellente question.

Une certaine part des acheteurs se laisse tout simplement vendre à l’idée d’avoir une carte —un bien physique— à offrir en guise de cadeau permettant à la personne qui la reçoit de l’utiliser pour quelque chose qu’elle veut vraiment. C’est sous cet angle que les marchands veulent d’ailleurs “vendre” leurs cartes-cadeau.

Mais il existe une autre raison pour laquelle les cartes-cadeau sont intéressantes: la possibilité de payer moins d’impôt, voire plus d’impôt, du tout!

Voici comment ça fonctionne:

  1. Un travailleur autonome, disons un avocat, gagne 100,000$ par année et désire payer moins d’impôts;
  2. Cet avocat achète pour 5,000$ de cartes-cadeau, de préférence dans un magasin qui l’intéresse (ou un centre d’achat, comme Place Laurier, ce qui est encore mieux);
  3. Pour la forme, il “donne” deux cartes-cadeau de 250$ chacune (soit 500$, en tout) à deux de ses clients (ou à un membre de sa famille, s’il le souhaite) et garde les 4,500$ restants, pour lui;
  4. L’avocat qui a disposé —pour ses propres besoins— de ses cartes-cadeau déclare à l’impôt qu’il s’agit d’une dépense de publicité (pour “fidéliser” sa clientèle) et bénéficie d’une réduction de son gain imposable de 5,000$ (ce qui signifie qu’il ne sera imposé que sur 95,000$, au lieu de 100,000$);
  5. L’impôt (provincial ou fédéral) n’a AUCUN MOYEN de retracer l’usage des cartes-cadeau et n’a d’autre choix que d’accepter cette “dépense publicitaire” et donc, l’avocat réduit son impôt tout en s’achetant les produits et les services qu’il désire.

Via les cartes-cadeau, l’avocat, dans notre exemple, peut s’acheter à peu près ce qu’il veut, même si ce n’est pas normalement “déductible” pour son entreprise.

Génial, non?

En fait, l’avocat peut garder TOUTES les cartes-cadeau pour lui et personne n’en saura jamais rien. Ça peut également servir à acheter des achats futurs —jusqu’à plusieurs années plus tard— lorsque le dollar a augmenté en valeur.

Il s’agit, dans ce cas précis, d’un échappatoire fiscal accessible à tous ceux qui souhaitent en faire usage, sans égard à leurs revenus.

À ce point-ci dans le billet, il importe de dire que l’auteur n’est pas fiscaliste mais les renseignements ont été validés aussi bien avec le Ministère du Revenu du Québec qu’avec l’Agence du revenu du Canada et les préposés, de part et d’autre, ont confirmé l’admissibilité des cartes-cadeau comme “dépense de publicité” (télécharger le document .pdf de l’ARC, pour 2009).

Ayoye.

Pendant que les travailleurs salariés se font imposer à toutes les deux semaines, les professionnels et autres travailleurs autonomes ont l’opportunité d’utiliser leurs gains pour échapper à une partie (ou à la totalité) de l’impôt qu’ils devraient payer via l’utilisation “créative” des cartes-cadeau.

Alors pour ceux qui se demandaient pourquoi les cartes-cadeau étaient devenues aussi populaires, surtout auprès des travailleurs autonomes et des autres gens d’affaires, et bien, c’est en bonne partie pour ça.

D’une part, c’est formidable pour ceux qui réussissent à sauver de l’impôt grâce aux cartes-cadeau mais de l’autre, c’est une gifle au visage des travailleurs salariés qui ne peuvent pas utiliser ce mécanisme novateur pour échapper aux griffes du fisc.

Pour le “contrat social” où chacun doit “faire sa part”, on repassera.

Et ce n’est là qu’un “truc” parmi de nombreux autres.

Désormais, vous ferez partie de ceux qui savent comment s’enrichir grâce aux cartes-cadeau et il n’en tiendra qu’à votre compas moral de décider si vous avez besoin de recourir à cette méthode d’évitement de l’impôt pour subvenir à vos besoins.

Tandis qu’on parle de la moralité des cartes-cadeau, dans la mesure où l’on comprend à quoi elles servent vraiment, il faudrait se demander si ce sont les commerçants qui les émettent (comme de l’argent comptant, sans qu’il soit possible de les retracer) ou les consommateurs qui les achètent qui devraient être tenus redevables des excès explicités dans cet article.

Même les sociétés d’état comme la SAQ sont entrées dans le “jeu” des cartes-cadeau, il va falloir se demander si l’admissibilité des cartes cadeau comme “dépense de publicité” ne devrait pas être reconsidérée.

Évidemment, il y a déjà eu des compagnies qui ont accordées des cartes-cadeau à des clients, pour les récompenser ou les fidéliser, mais vous aurez compris qu’un large pourcentage de ces cartes demeure, en fin de compte, entre les mains d’individus qui comprennent mieux “le système” que les autres.

Ce ne serait pas surprenant qu’à l’avenir, nos politiciens se fassent acheter avec des piles de cartes-cadeau. Anonymes et non-retraçables, elles constituent un outil de premier ordre pour corrompre ceux qui se laissent influencer par “les cadeaux”.

Il s’agit d’un dossier à suivre et d’ici là, allez acheter votre première carte-cadeau pour constater, par vous-même, à quel point elles sont aussi faciles à acheter que pratiques à utiliser.

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