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Des 20 Académiciens qui ont survécu au processus de sélection et qui se sont retrouvés sur scène, le soir du lancement de la 4e édition de cette série, 6 ont été éliminés.

Ainsi, 14 jeunes québécois vont avoir le “privilège” d’aller passer jusqu’à 10 semaines à la luxueuse résidence de Ste-Adèle pour s’y perfectionner dans le but (ultime) de gagner le concours.

Ces 7 filles et 7 garçons qui viennent d’être présentés au public connaitront tous la célébrité, à divers degrés. Le directeur de l’Académie, René Angélil, supervisera leur progrès et leur prodiguera un conseil par semaine.

Les 14 Académiciens pourront donc consacrer la quasi-totalité de leur temps à perfectionner leur art. Avec 6 professeurs à leur disposition, on parle d’un ratio initial de 2,3 élèves par professeur ce qui contraste joyeusement avec ce qu’on retrouve dans les classes québécoises. Dans le cas d’une classe de 30 élèves (pour 1 professeur), par exemple, le ratio est de 30, soit près de 13 fois supérieur et à l’université, lorsque les cours sont donnés dans des auditoriums contenant entre 80 et 150 élèves, le ratio augmente d’autant plus pour atteindre plus de 64 fois celui des Académiciens.

Autrement dit, du point de vue strictement académique d’accès aux professeurs, les Académiciens sont choyés.

Cependant, leur formation sera unilatéralement dirigée afin de gagner un concours où, en fin de compte, il s’agit de donner une meilleure performance que son voisin.

  • Fini le travail d’équipe car chaque Académicien veut gagner et il ne peut y avoir qu’un seul gagnant;
  • Fini la planification stratégique à moyen et à long termes puisqu’à chaque ronde d’élimination, il faut se réinventer pour éviter d’être renvoyé du “jeu”; et
  • Finie l’ascension graduelle à la célébrité car dans le cas de Star Académie, les jeunes passent du statut de parfaits inconnus à “célébrité nationale” en quelques semaines (ce qui n’a —rien— à voir avec “la vraie vie”).

Star Académie, de par sa formule, pousse les jeunes Académiciens à passer outre de nombreux principes pourtant essentiels au succès lorsqu’on vit en société, à l’extérieur de la bulle artificielle dans laquelle ils se trouvent plongés pour une période allant jusqu’à 10 semaines.

Est-ce un bon message à envoyer à notre jeunesse?

Plus ou moins… ça dépend!

Alors que certains critiques assimilent Star Académie à de la télé-réalité, il s’agit plutôt d’une série de divertissement exploitant certains éléments de “réalité” à même un environnement et un contexte complètement artificiels.

Mais bon, il faut se faire à l’idée que les jeunes qui participent à cette aventure le font de plein gré et en toute connaissance de cause. Ainsi, les Académiciens ont beau être les marionnettes d’un proverbial “gros show de steppettes”, ils se comptent tous chanceux d’y être.

Pour certains Académiciens, l’expérience finira comme un conte de fées et pour d’autres, ce sera un “down” assez difficile à digérer mais voilà, c’est peut-être ce “passage obligé” qui sonne le moins “faux” de toute l’expérience des Académiciens car dans la vraie vie, il y a des gagnants et des perdants et c’est à la force de caractère des uns et des autres qu’on reconnait les véritables gagnants.

Ce qu’il importe de dire, à nos jeunes québécois, c’est qu’ils sont tous uniques.

Qu’importe les efforts déployés pour les faire entrer dans un moule (à Star Académie ou ailleurs), c’est en demeurant uniques qu’il s’assurent un avenir des plus prometteurs.

Si notre jeunesse québécoise perçoit qu’en étant différent et en allant au bout de ses capacités, on réussit mieux, c’est formidable mais il faudra voir si c’est ça, le message retenu.

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