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Au Québec, les emplois peuvent se terminer très vite, même si vous avez travaillé fort pour l’obtenir.

Habituellement, ça se fait en hypocrite avec des beaux bonjours le matin et puis, c’est la demande de “passer au bureau” où vous apprenez que pour toutes sortes de raisons, vos services ne seront plus requis et dès lors, vous n’avez plus d’emploi.

Brutal de même.

Alors là, vous allez être probablement subjugués par l’émotion mais tentez de voir le bon dans cette perte d’emploi, à savoir que vous allez avoir l’opportunité de faire autre chose, bientôt, on va parler de ça un peu plus bas mais avant, assurez-vous de ce qui suit:

  1. Vous prenez tout ce qui vous appartient, au travail, incluant vos bien physiques et tout ce qui est à vous, en format électronique. Ne laissez rien à votre ex-employeur qui ne lui appartient pas;
  2. Vous remerciez les collègues qui souhaitent vous communiquer leur déception en regard de votre départ mais les autres, oubliez-les. S’ils n’ont pas la décence de venir vers vous, ils ne méritent pas vote attention, avant de partir… bon débarras;
  3. Vous ne serez plus capables de travailler après avoir appris que vous n’avez plus d’emploi alors demandez à pouvoir quitter les lieux. Rares sont les employeurs qui refusent ça parce que de toute façon, ils ne veulent plus de vous alors exaucez leur souhait et partez;
  4. Arrangez-vous pour pleurer avant de conduire, si vous devez prendre la route. Trouvez un coin tranquille et sortez les émotions en trop. Puis, allez à la maison et reposez-vous, si possible.

Ok, rendus là, les travailleurs qui sont désormais des chômeurs, idéalement en début de recherche d’emploi, sont d’une part paralysés par la peur qu’une perte d’emploi engendre et heureux de ne plus être dans un emploi où ils n’étaient pas appréciés, de toute façon.

Le jour d’une perte d’emploi, vous n’en serez pas à une émotion près!

C’est préférable de ne pas ameuter vos réseaux sociaux tout de suite parce que les employeurs embauchent plus rapidement les employés (en emploi) que les chômeurs. C’est con mais c’est comme ça alors demeurez “employé” le temps de lancer vos perches pour la recherche d’un nouvel emploi, ne serait-ce que quelques jours.

S’occuper du chômage (pour en recevoir)

Justement, dès que vous reprenez un peu le contrôle de vos émotions, travaillez d’abord sur vos papiers de fin d’emploi et votre demande de chômage, si vous avez travaillé assez d’heures, pour votre région (habituellement 800 heures, ou plus):

  1. Vous assurer que votre employeur vous fournira rapidement votre “Relevé d’emploi’ qui confirme, au gouvernement fédéral, par voie électronique (normalement) que vous n’avez plus d’emploi;
  2. N’attendez pas une seule journée pour aller vous inscrire au chômage parce que ça prend jusqu’à 28 jours à traiter et vous risquez de manquer d’argent si vous attendez trop — pour vous inscrire, cherchez “Demander mes prestations” dans Google.

Prenez le temps de bien monter votre cv

Une fois ce côté des choses complété, là, c’est le temps de remettre votre curriculum vitæ à jour, ne serait-ce que pour expliciter votre dernier emploi, vous savez, celui que vous aviez encore, il y a quelques heures ou jours!

Tandis que vous êtes dans votre cv, demandez-vous si ce ne serait pas le temps de revoir votre approche en enlevant les trop vieux emplois et en revoyant les descriptions de vos emplois afin de faire ressortir ce qui vous vendra le mieux, pour le domaine dans lequel vous recherchez votre prochain emploi.

Ne mentez jamais sur un cv mais ne vous gênez pas pour expliquer ce qui fait de vous le meilleur candidat.

On s’entend, si vous arrivez deuxième dans les concours, vous allez rester longtemps sans emploi alors obtenir un nouvel emploi, c’est une guerre où il y a des ennemis partout mais où il n’y aura qu’un seul gagnant et c’est pour cette raison que vous devez viser la victoire, ou rien du tout.

Très violent, le marché de l’emploi. Cruel et sans pitié. Habituez-vous, ça va être de plus en plus comme ça, avec l’immigration massive, la robotisation, l’automatisation et l’intelligence artificielle qui enlèvent des emplois à ceux qui croyaient qu’il y en aurait toujours, pour eux. Erreur, le marché change et ce n’est pas à l’avantage des travailleurs.

En fait, même si vous avez un emploi en ce moment, vous devriez vous préparer au pire qui arrivera, selon toute vraisemblance, au pire moment. 

Faire circuler votre cv

Avant de vous lancer dans la distribution de votre cv, pensez à ce que vous voulez faire.

Il se pourrait qu’il n’y ait aucun emploi qui corresponde à ce que vous voulez réellement faire alors dans ce cas, regardez ce qui est offert dans les sites d’emploi et de réseautage social et postulez sur ce qui vous colle le plus à la peau, professionnellement parlant.

Petit détour pour parler des recruteurs, retour au cv, un peu plus bas

Vous allez voir que c’est frustrant parce que les recruteurs qui se font demander des commandes difficiles par leurs patrons cherchent presque toujours pour le “spécialiste ultime” afin de satisfaire aux lubies d’un patron qui veut trouver la proverbiale aiguille dans une botte de foin.

Ces patrons demanderont des affaires ridicules aux ressources humaines, comme “tous les diplômes”, “12 ans d’expérience dans une affaire hautement spécialisée” et “intéressé à travailler pour un salaire concurrentiel (mais pas si intéressant que ça). Et bien que ça semble impossible d’avoir tout ça et bien, devinez quoi, il y a tellement de monde désespéré pour trouver un emploi qu’ils finissent souvent par trouver “leur” candidat. Incroyable! Mais il arrive aussi que leur stratégie de chercher un demi-dieu dans une spécialité leur pète au visage et là, vous allez revoir la même offre d’emploi passer mais pas mal plus réaliste, cette fois-là.

Enfin bref, les ressources humaines, c’est parfois bien rigolo de voir qu’ils ne veulent rien savoir de l’humain, sauf si son passé est très exactement ce qu’ils se sont mis dans la tête de chercher (avec des “mots clés”).

Deux choses à savoir, donc:

  1. Ajoutez PLEIN de mots clés dans votre cv (idéalement à même les descriptifs) pour “sortir” dans les recherches de robots (oui, ils ont des moteurs de recherche, pour vous “trouver”);
  2. Cherchez un emploi dans un domaine où vous avez déjà de l’expérience, des études ou des aptitudes parce que sinon, la majorité des recruteurs trouveront “mieux que vous”, hélas… vous serez donc condamnés à travailler dans “votre spécialité”.

Vous pouvez postuler pour l’emploi que vous voulez, incluant ceux qui n’ont pas tout à fait à voir avec votre “spécialité’ mais attention, les recruteurs trouveront presqu’inévitablement mieux que vous pour leur “niche professionnelle” alors si vous voulez retourner sur le marché du travail, vous aurez intérêt à vous qualifier dans LE domaine de spécialisation où votre cv vous prédestine.

Autrement dit, assurez-vous que votre passé professionnel annonce votre avenir. Les recruteurs s’y retrouveront et sauront vous “vendre” à leur patron.

Au pire, l’employeur vous prendra parce qu’il n’a trouvé personne d’autre et ça vous donnera soit 1) une chance de prouver votre valeur ou 2) quelques mois de travail, le temps qu’ils trouvent réellement leur licorne blanche avec des ailes en or. Dans un cas comme dans l’autre, si vous arrivez à avoir un emploi, restez de glace devant les démonstrations d’amour de votre nouvel employeur. Rappelez-vous comment vous avez été virés sans ménagement, la dernière fois et ce, malgré la “miélosité” de votre ancien patron… jusqu’au jours où “vos services” n’étaient plus requis. Ce jour-là, vous avez vu le “vrai visage du boss”.

Enfin bref, gérez ça comme ça vous tente mais ne vous laissez pas enguirlander par les promesses verbales. Il n’y a que les écrits qui restent et encore là, il y a tellement de verbiage légal que ça risque d’être à peu près inutile, au final.

Alors on revient au cv… à distribuer

Lorsque vous trouvez un emploi qui vous intéresse, ne vous gênez jamais pour postuler, c’est le seul moyen d’obtenir l’emploi… même si vous passez par un contact, ce sera plus simple d’avoir déjà complété les étapes de dépôt de candidature, via les voies officielles.

Ça peut se faire:

  1. Via un courriel bien rédigé (l’équivalent d’une lettre personnalisée pour vous présenter, en regard de l’emploi) avec votre cv, en attachement — certains employeurs demandent aussi vos attestations d’étude, votre permis de conduire et même votre passeport (selon l’emploi) alors prenez des photos avec votre iPhone et ajoutez tout ça aux attachements de votre message-courriel;
  2. Via le site web de l’employeur, en complétant le processus de dépôt de candidature, ce qui nécessite habituellement la création d’un compte alors gardez vos codes pour un usage futur et ne pas être obligé de toujours tout recommencer le processus pour chaque emploi où vous voudrez être considéré, chez cet employeur;
  3. Via un site d’agrégation d’offres d’emploi où des employeurs publient une sélection de leurs offres en cours. Ça a le mérite de vous permettre de mieux chercher, selon des critères utiles pour vous, soit des régions, des catégories d’emplois ou même, des spécialités. Encore une fois, inscrivez-vous et conservez vos codes.

Une fois que vous aurez postulé, de la manière demandée par l’employeur, vous recevrez parfois un accusé-réception électronique, par courriel mais il peut aussi arriver que vous ne receviez rien. Dans ce cas, vous avez une bonne raison d’assurer un suivi avec le recruteur, chez cet employeur, pour savoir où en est le traitement de votre demande… et aussi pour faire une bonne impression!

Il est préférable de garder un agenda de tout ce que vous distribuez, aux employeurs.

Si vous ne le faites pas, vous pourriez rapidement venir très mêlés et ça pourrait jouer contre vous. Certains employeurs vous disent lorsque vous n’avez pas été retenu mais habituellement, vous ne le saurez jamais alors au moins, avec un agenda, ça permet d’éliminer certains employeurs qui ne semblent pas intéressés à vous connaitre. Ça évite les pertes de temps et les frustrations qui s’ensuivent. Après tout, vous voulez un emploi, pas vivre dans l’attente de messages qui ne viendront jamais.

Les employeurs font leur possible mais ne comptez pas sur eux pour vous dire pourquoi vous n’avez pas été choisi alors apprenez à lire entre les lignes et lorsque possible, appelez le recruteur qui a publié l’offre d’emploi pour lui tirer les vers du nez —avant— de déposer votre candidature, question d’ajuster votre cv en conséquence de ses préférences (à nouveau, aucun mensonge mais c’est de bonne guerre d’accéder à ses désirs ou enfin, à ceux qu’il vous a révélés, ce qui est un avantage sur votre concurrence, pour ce poste).

Le temps qui passe

Vous allez probablement comprendre, assez vite que votre détermination à obtenir un emploi va s’étioler au fil des jours où rien ne semble arriver, pour vous.

Détrompez-vous, votre dur labeur de chercheur d’emploi va être payant mais il faut continuer à se défoncer dans l’exploration des opportunités offertes car au moment où vous ne vous attendrez plus, un recruteur vous contactera.

Assurez-vous de recevoir votre chômage pour survivre parce que ça peut prendre plusieurs semaines ou même, des mois.

Au fil des jours, ne perdez pas votre énergie vive, Concentrez-vous sur votre recherche d’emploi et ne lâchez jamais. Ça va être probablement difficile sur votre moral mais vous devez être meilleur que les dizaines ou centaines d’autres travailleurs qui vous concurrencent pour chaque emploi que vous voulez obtenir alors vous êtes condamnés à l’excellence.

Si vous finissez 2e sur 20 candidatures retenus, c’est une belle fleur mais vous restez un chômeur. C’est #1 ou rien.

Et vous êtes capable d’être #1 dans quelque chose mais ça se peut que vous ayez à travailler plus fort que jamais pour vous illustrer en haut la pyramide de sélection, pour l’un ou l’autre des recruteurs qui liront et qualifieront votre candidature.

Il y a des classes d’emploi plus faciles que d’autres mais plus vous voudrez améliorer votre sort, plus vous devrez être la proverbiale licorne (le candidat “impossible”) pour que ce recruteur finisse par daigner vous “faire une offre”.

L’offre, parlons-en

Les recruteurs et les employeurs pour qui ils travaillent ne sont pas bêtes. Si vous valez 55,000$, ils vous offriront moins, disons 47,500$ avec un boni à la signature de 1,000$ ou encore, un plan de commissionnement qui peut atteindre 2,500$ annuellement. Enfin bref, tout pour vous payer moins cher. Vous finirez probablement par signer parce que vous serez émotionnellement et financièrement épuisé de votre recherche d’emploi et vous croirez qu’une fois en emploi, ce sera plus facile de rehausser votre “traitement salarial” mais détrompez-vous, ça pourrait prendre plusieurs années avant d’atteindre les milliers de dollars de différence entre ce que vous valez et ce que vous recevez réellement. Ce n’est jamais facile de négocier avec un employeur qui a “le gros bout du bâton” (et qui le sait) mais essayez au moins d’expliquer ce qui justifie un traitement salarial à la hauteur de vos services. Il arrive que ça fonctionne et que vous obteniez ce que vous demandez mais au pire, si vous allez tout perdre parce que vous en “demandez trop”, vous aurez alors une toute petite fenêtre d’opportunité pour accepter l’offre moins avantageuse qui vous avait été faite. Si c’est ce que vous voulez, évidemment.

Attendez-vous à suer, physiquement et intellectuellement:

  • Les questions d’entrevues;
  • Les fameux tests psychométriques, tant aimés par les patrons afin de mieux vous contrôler, advenant qu’ils vous embauchent;
  • Les pièces justificatives à fournir;
  • Les tests de qualifications à passer (sinon, vous êtes éliminés).

Et malgré ce stress, vous devrez paraître décontractés, à l’aise et sur de vous. Les recruteurs ont un malin plaisir à torturer ainsi les candidats. C’est un secret de polichinelle qu’ils essaient de faire craquer les pauvres chercheurs d’emploi afin de mieux détruire leur confiance en eux… ça facilite la négociation du salaire à la baisse lorsqu’ils ont des “preuves” que le candidat n’est “pas tout à fait assez bon” mais que parce qu’ils sont tellement fins (grosse mise-en-scène, évidemment), ils sont prêts à faire une offre mais moins généreuse parce que le candidat est “moins bon qu’attendu”… c’est souvent de la grosse bouillie pour les chats mais c’est généralement suffisant pour faire épargner beaucoup d’argent à l’employeur et éviter que les employés ne gagnent trop cher (selon les standards de l’employeur).

C’est pour cette raison qu’il devrait exister des “agents d’employés” dans le même modèle que les “agents de joueurs”, dans les sports professionnels. Il y a beaucoup d’hommerie dans ces négociations d’emploi et ce n’est pas vrai que l’employé est toujours le mieux placé ou encore, le mieux outillé pour se décrocher des conditions avantageuses mais avec un agent, ça pourrait être très différent. Enfin, un jour il y aura probablement de tels agents mais pour l’instant, c’est pas mal du chacun pour soi, avec le résultat presqu’inévitable que l’employeur gagne au change tout en se gardant tous les droits de jeter l’employé à la rue, quand ça l’arrange, sans trop de conséquences.

Moral d’acier

Vous pensez surement que les pertes d’emploi n’arrivent qu’aux autres et que ce n’est pas votre problème mais l’avenir du marché de l’emploi ne sourira pas à tout le monde de la même manière.

Pour certains domaines d’emploi, ce sera plus facile et pour d’autres, ce sera pénible parce que l’évolution technologique pourrait carrément effacer jusqu’au titre d’emploi, ce qui forcera un retour aux études ou une requalification.

C’est votre moral d’acier qui vous sauvera, au moment d’une perte d’emploi.

Vous devrez penser comme un champion pour déclasser tous vos concurrents et prendre le proverbial drapeau, en haut de la montagne.

Personne ne vous fera de cadeau, sauf de rares exceptions et vous ne pourrez compter que sur vous-même. Vous aurez bien quelques tapes dans le dos, ça et là mais pour l’essentiel, ce sera “vous contre la jungle de l’emploi”.

Vous comprendrez que la règle, dans cette jungle sans merci, c’est tuer ou être tué, en regard des emplois pour lesquels vous voulez être choisi.

Malgré l’horreur d’une perte d’emploi, essayez du mieux que vous pouvez de vous mettre dans l’action pour vous replacer, professionnellement. Personne ne pleurera vos malheurs et dès que le bonheur se mettra à intégrer votre vie professionnelle, soyez absolument assuré que vous serez jalousé, envié et trop souvent, la cible de ces personnes qui disent vouloir votre bien et qui agissent derrière votre dos pour vous le prendre.

Il y aura bien des personnes charmantes qui croiseront votre chemin mais apprenez à lire les gens pour démasquer leurs réelles intentions.

Musclez vos connaissances en psychologie pour apprendre à décoder les motivations humaines. Celles qui sont rendues visibles par les principaux intéressées mais aussi, et surtout, celles qui demeurent secrètes et qui pourraient tout ruiner pour vous, sans prévenir, si vous n’avez pas su “lire” la situation.

L’homme est un loup pour l’homme et les ressources humaines sont un immense repère de loups qui trop souvent s’entre-déchirent pour maintenir leur emploi qui, pour l’essentiel, consiste à trier les moutons qui auront le “privilège” de servir les patrons des loups (sans grande surprise, parfois des loups eux-mêmes mais heureusement, pas toujours).

Au beau milieu de ce processus post-perte d’emploi, essayez de vous rappeler que la vie, qu’importe le lot de défis qu’elle met sur votre route, demeure un cadeau qu’il vous faut apprendre à décoder pour trouver votre bonheur, à vous.

Rappelez-vous ce que les samouraï japonais disaient, à savoir qu’il n’y a pas de problème à tomber 7 fois, du moment que vous vous relevez 8 fois.

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